samedi, janvier 28, 2006

Changements climatiques


Lorsque je consulte ou reçois quelques nouvelles du Québec, on me parle souvent de la météo qui est étrange cet hiver. On pointe du doigt les changements climatiques, dont est aussi responsable l'humain.

Le Bénin aussi subit ce problème, même si situé dans une zone équatoriale. On m'a enseigné que le Bénin subit des saisons marquées par l'alternance des saisons des pluies: une grande saison des pluies, avril à juillet et la petite, de septembre à octobre. Entre temps, et surtout de novembre à mars, c'est la saison sèche. Le signe le plus évident est celui de l'Harmattan. Or, plusieurs Béninois me disent que cette année, l'Harmattan n'y est pas, que la saison est déréglée. Autre manifestation est que depuis une semaine, j'observe un temps plus nuageux parfois même orageux. Il ne tombe presque rien comme pluie à Cotonou, mais ailleurs, au Nord il semble que ce n'est pas le cas. Selon Roméo, un coopérant que j'ai rencontré chez Oxfam, la problématique est plutôt là: la pluie à cette période de l'année peut anéantir certaines cultures essentielles: les noix et certains arbres fruitiers, entre autre. Pour ces cultures, il est nécessaire qu'ils subissent une période minimale de sécheresse pour permettre à leurs fruits d'atteindre un degré de maturité. Dans le cas contraire, les moisissures empêchent le développement normal ou pourrissent carrément sur les branches.

C'est à cela que j'ai pensé la nuit dernière où j'ai été réveillé par un violent orage qui prenait place au Nord de Cotonou... les éclairs déchirraient le ciel sans faire de pause. Toujours rien sur Cotonou, mais j'imaginais les trombes d'eau sur les cultures. J'ai pas encore vu, lu ou entendu décrier la situation, mais sur place, on ne doit pas être bien content des sauts d'humeur de Dame Nature. Déjà que les moyens et capacités des agriculteurs sont très serrés et qu'ils vivent à crédit, ils ne sauraient absorber des pertes importantes. Par surcroît, le pays compte beaucoup sur l'agriculture comme moyen d'auto-suffisance alimentaire.

vendredi, janvier 27, 2006

Visite Centre Songhaï à Porto-Novo

Bonjour à vous tous,

C'est la fête ici en ce samedi matin. Déjà autour de 9h les caisses de son louées par notre voisin (un haut gradé de l'armée Béninoise et donc très bien nanti) crachent une musique d'ambiance de fête. C'est pas désagréable car ça fait une mèche que j'ai pas entendu de la bonne musique produite par des caisses et un système de son efficace, qui ne distorsionne ou ne griche pas sans cesse... à mon grand bonheur. C'est vendredi soir que je me suis fait expliqué par ses gardes de la maison qu'ils sont à préparer la fête de la Dame du colonnel... ils étaient entrain d'ériger des chapitaux empiétrant sans gêne sur le terrain de notre villa, sans demander en premier lieu. Devant le fait presqu'accompli, on avait rien à dire.

Retour sur la semaine, chargée comme à l'habitude. Les cheveux m'ont dressé sur la tête cette semaine (pour ce qui m'en reste). En effet, lors d'une formation sur l'approche Genre et Développement (GeD) donnée par une spécialiste en la question chez Oxfam, Sabine, nous en avons appris beaucoup sur le système social Béninois... il y a pas toujours de quoi sourire! Beaucoup de parenthèses, d'explications et appuyés par des textes de journaux récents, il y a beaucoup à réfléchir. Les questions de la prostitution, de la polygamie, la corruption, les relations homme-femme, l'état Béninois, les présidentielles en préparation, etc. Je vous épargne les détails, réservés pour les conférences à venir lors de mon retour (détails aussi à venir).

En dépit de cela, il y a de très bels exemples de réussite au Bénin. Il mérite d'en parler, de les appuyer et de les promouvoir. Un autre bel exemple que j'ai visité de vendredi dernier est celui du centre Songhaï, centre de promotion et de formation en matière d'agriculture et d'élevage. Le centre a démarré ses activités en 1987 à Porto-Novo par le frère Godfrey Nzamujo, un missionnaire d'origine Nigérien qui a longtemps séjourné aux États-Unis. Ce personnage, suivant une sagesse, a mis de côté ses ambitions pour se consacrer à l'avancement des pays Africains, aux prises avec de graves problèmes alimentaires à l'époque. Avec ses observations, il en a déduit que le problème n'est pas celui d'une terre infertile, stérile mais plutôt de celui d'un manque de connaissance en matière d'agriculture. Il s'est donc donné comme mission de trouver les connaissances, de les mettre en pratique et de les enseigner à une population désireuse de s'en sortir. Après avoir été fortement confronté à une résistance culturelle et politique de l'époque, les petits succès se sont accumulés et la démonstration fût complète. Le nom de Songhaï est synonyme de réussite et jouit maintenant d'une reconnaissance nationale, autant auprès de la population que des instances politiques. Cela ne signifie cependant pas qu'aucun problème ne subsiste.

Donc, nous étions convié à prendre part à la découverte de Songhaï en débutant par la production de savon d'une part et de jus de mangue (très populaire et délicieux) d'un autre. Je n'ai malheureusement pas les chiffres sur les ventes de Songhaï avec ces deux produits, mais en voyant les moyens mis en place et la capacité de production, c'est significatif. Certes, la fabrication de ces deux produits utilisent des moyens limités et artisanaux. Mais combien intéressant à découvrir.

J'étais ce matin-là dans le groupe de production des savons. Un mélange principalement d'huile de palmiste, soude caustique et quelques autres produits dont le parfum constitue les ingrédients de base. On y incorpore ensuite les produits qui introduisent les vertus des savons: beurre de karité pour un savon doux, moussant; un jus de carotte pour des propriétés dermatologiques; de l'huile de neem aux propriétés antiseptiques.

La recette est assez simple en mélangeant dans l'ordre les différents produits, on brasse jusqu'à consitance épaississante et on verse dans de grands moules qui produisent jusqu'à 45 barres chacuns. Puis attendre 3 heures pour que la réaction s'achève et que le savons durcissent avant de découper en barre et d'appliquer le "label". Nous avons fait les trois types de savons mais n'avons pu repartir avec notre production (dommage). La cure du produit durera encore jusqu'à 24 heures avant d'être emballé et mis en vente. Un grand Merci à Mme Jeannine pour ses enseignements et démonstrations, elle accompagne les étudiant(e)s du centre à diverses pratiques de l'agriculture.

D'un autre côté il y avait le production de jus de mangue. Une fois la mangue brossée et pelée mécaniquement, sa chair est récupérée pour être bouillie dans une grande marmite à laquelle on ajoutera un sucre de canne. Le tout est ensuite transvasé manuellement et un à un dans les bouteilles qui seront capsulées. Les lieux sont assez hygiéniques et il y a un minimum de précautions comme l'obligation de retirer nos chaussures avant d'entrer dans les lieux, questions de conserver la salubrité. Les étapes subséquentes seront déterminées si le produit est vendu à l'extérieur du centre ou consommé sur place: un label identifiant le produit y sera apposé ou non.

...

Après cette introduction à une production de la ferme, nous avons été reçu par le directeur (son nom m'échappe, malheureusement), pour aller faire une tournée du site et des installations, explications incluses. Il est intéressant de constater comment le centre intègre une approche de durabilité et de qualité dans ses méthodes. Il tente aussi l'innovation dont nous avons été témoin: la production de riz Africain, fruit d'une recherche récente qui a permit de faire pousser du riz dans les conditions africaines: terres sablonneuses, chaleur, soleil et un minimum d'eau. Une sage idée puisque le riz est actuellement un produit d'importation originaire des pays asiatiques. Si ce produit pouvait compétitionner et même remplacer les importations, la dépendance pourrait être réduite et ainsi être encore plus auto-suffisant et combattre une possible famine.

Le Centre Songhaï acceuille 3 cohortes de 30 jeunes agriculteurs pour une période de 18 mois, sélectionnés par un rigoureux système de concours. Ces jeunes résident sur le site et sont responsabilisés tout en apprenant l'ensemble des méthodes et pratiques en agriculture. Ils sont incités à développer leurs méthodes pratiques, la théorie étant minimale, en visant à les rendre autonomes et prêts à créer leur propre entreprise de culture agricole. Les finissants sont incités à former un partenariat producteur-transformateur avec le Centre. Une belle initiative car le Centre détenant la capacité de transformation mais non celle de toute la production, elle doit trouver moyen d'arriver face à la demande grandissante. Le Centre se sert aussi de ce levier économique pour élargir ses horizons et se développer davantage. Ainsi est la philosphie de son fondateur et instigateur, toujours en place. Le centre produit avec des approches bio et des aspects de développement durables les produits de la terres: fruits et légumes, mais également les produits d'élevages: porc, poulet et poisson. Elle dispose en effet de ensemble de 85 bassins de pisciculture dont les méthodes d'engraissement sont tout aussi géniales que productives. Les pelures des mangues, rejet de la production de jus de mangue, sont utilisées pour attirer des tonnes de mouches qui les consomment et y déposent leurs oeufs. On récolte ensuite ces oeufs qui servent alors à nourrir les poissons des élevages. Bel exemple de continuité!

Il est intéressant de mentionner ici une réalité du Bénin dont le Centre a trouvé moyen de solutionner en attendant les changements dans la culture de la société: la place des femmes. Celle-ci est limitée et très difficile en matière agricole de production. En effet, les terres sont légués de père en fils et rarement (voir jamais) de père en fille. La raison est qu'il est encore très probable que si la fille hérite d'une terre, sa famille risque de perdre cette terre au profit du (présent ou futur) mari de cette femme... ainsi la génération actuelle qui cède sa terre à une fille y est très réticente dans cette condition où l'assurance de continuer à pourvoir à la famille de première instance ne sera plus. Le Centre a donc misé sur la formation des filles à la production et transformation des produits. Ainsi elles participent à préparer une panoplie de produits Songhaï: biscuits, jus, sirops, savons, production de farines diverses, transformation des produits d'élevage, etc. Non réservé exclusivement aux filles, les garçons y sont aussi initiés.

Le site de Porto-Novo est le centre principal au Bénin, d'une superficie de 16 hectares, elle sert principalement de site expérimental et d'enseignement. Les sites de Savalou et de Parakou ont respectivement 400 et 250 hectares, offerts par le gouvernement qui a été convaincu des bénéfices qu'apporte un tel centre d'expertise sur son territoire. Les enjeux politiques deviennent aujourd'hui multiples et très intéressants me raconte en privé le directeur à la fin du tour de visite.

Enfin, le Centre complète sa mission éducative en offrant des services de crédit aux jeunes entrepreneurs. Ce secteur d'activité a longtemps souffert d'un important problème de bon rentabilité jusqu'à l'arrivé de coopérants canadiens, Jean-Guy et Claudette, retraités et originaires de Varenne. Jean-Guy expose le constat où le secteur agricole représente 64% de l'économie du Bénin alors que l'on y accorde seulement 2% en prêts à ce secteur. Il n'est donc pas surprenant de voir des agriculteurs amaigris utiliser des moyens si artisanaux pour travailler leurs terres. Depuis l'instauration d'une politique de crédit et d'une méthode d'évaluation en plus d'une ouverture non limitée aux finissants du centre de formation, la santé du micro-crédit a grandement été améliorée. Plus de 50 crédits ont été accordées en 2005 sur une demande de 350. Les chiffres vont de 800K FCFA à 10M FCFA (1800$CDN a 22K$CDN). Jean-Guy et Claudette achèvent cependant leur projet de coopération en avril 2006... qui sont les intéressés à poursuivre et développer le volet de la caisse d'épargne?

Alors, voilà une fois de plus un exemple de volonté et de coopération très intéressante du Bénin. J'ai eu la chance de discuter "hors-ligne" avec le directeur (M. Guy Nokoué) sur sa vision actuelle et future... il est évident qu'il y a des problèmes à régler, mais la situation reste positive pour l'avenir.

Ne pas manquer le site web du Centre Songhaï: www.songhai.org

La semaine prochaine marquera le début du dernier quart du temps de stage... c'est un sprint car les travaux sont encore inachevés pour ma part et le signal des rapports et articles sera bientôt donné, n'allant pas alléger la tâche.

Sur ce, portez-vous bien, je pense à vous tous, à très bientôt!!

lundi, janvier 23, 2006

Dantokpa et famille Béninoise

Bonjour à vous tous,

En ce dimanche matin, je recherche le sujet sur lequel je vais vous entretenir pour cette semaine. Il y a en effet beaucoup de sujets dont j'aimerais vous partager, je crois que je vais plutôt vous présenter un petit condensé de ce qui s'est passé. La semaine a été chargée: autant je devais me reposer pour soigner le petit "palu" dont j'ai été affligé, autant je devais faire avancer mon projet, profiter du temps et des activités, puis il y a eu réunion chez Oxfam.

D'abord, dans le but de vous rassurer, au niveau du palu, tout est rentré dans l'ordre, je reprend alors à plein mes activités. Un palu soigné à temps n'est pas problématique selon la littérature et le médecin. J'ai donc profité d'une journée de congé forcé et recommandé par le médecin, lundi dernier pour aller marchander des tissus et "pagnes" pour faire coudre un peu de linge, question de diversifier ma garde-robe et me convertir à la mode africaine... et faire rouler l'économie locale.

C'est donc avec une certaine fébrilité que je suis allé me promener en bonne compagnie (surtout rassurante) au marché Dantokpa pour les tissus et pagnes. C'était la première fois que j'allais à ce grand marché. C'est très bien apprécié de se faire accompagner par une personne locale, ça me permet de déambuler dans les sillages étroits et profonds du grand dédale du marché sans me faire accrocher de partout ou faire interpeller sans cesse "Yovo, ici, viens voir!". Fait à noter: le marché Danktopa est le plus grand marché public de toute l'Afrique de l'Ouest. Le marché Dantokpa porte son nom depuis le fétiche qui protège le marché, le "Dan". Des vendeurs et vendeuses de tout acabis et des produits de tout origine, on y trouve de tout, à répétition surtout! Les tissus et pagnes sont très abondants, de même que les garnitures brodées et tout pour la confection de vêtement. Les couleurs et motifs sont riches, abondants et variés. Si on ne trouve pas quelque chose à son goût dans ce marché, on a un problème! À un certain moment, il fallait que je me décide, mon point faible... "ce tissus serait bien"... "non, je préfère celui-là"... "euh, j'peux pas choisir entre ces 2... ca va me prendre les 2!". Mon amie Bénédicte me fournissait quelques suggestions mais surtout m'accompagnait chez ses amies revendeuses, les contacts servent bien dans ce cas. Pour la négociation, j'ai pas eu beaucoup à faire, Bénédicte s'occupait de cet aspect car c'est surtout en langue fon que l'on négocie... puis il y a l'expérience et la culture de l'art de la négociation. Un gros point fort, traduction incluse.

Il y a tant d'attraits pour les yeux et les sens, tant de petits kiosques (souvent de fortune) et avec les gens qui circulent, il m'est encore difficile de bien décrire les lieux et cette expérience. Des petits chemins tortueux à travers le marché, les entrées et sortie, les repères ne sont pas évidents. Il y a de quoi se perdre sur moins de 50 pieds de distance, si on ne remarque pas moindrement où l'on va. Je considère avoir un certain sens de l'orientation chez moi, mais là, le niveau de difficulté est plus qu'un défi!

J'ai finalement trouvé de beaux tissus et pagnes. Les pagnes seront transformés par Bénédicte en chemises, boumbha, jupe et robes (pour ma belle et heureuse Chantal).

(photo boumbha)

Mardi dernier, je suis allé avec Stéphane chez Bénédicte, qui nous avait invité à déjeuner (correpond au dîner pour ,le Qc) et à cette occasion, elle m'a remis les deux chemises que j'avais commandé. Wow! quelle rapidité et quelle qualité! Dès que j'ai pu les laver une première fois, je les ais portés et les gens de mon bureau, dans la rue ou au marché m'abordaient en disant que j'avais une belle chemise... ca a l'air que yovo dans une tenue traditionnelle , ca "flashe"?

À la suite d'une conversation avec un ami du service, David, nous convenons de nous rencontrer samedi matin pour qu'il me fasse découvrir les environs de chez-lui ains qu'aller au marché Dantokpa. David habite un quartier au nord-est de Cotonou, Gdédjomèdé (faites-vous en pas pour la prononciation, il existe plus compliqué, malgré que celui-ci ne donne pas sa place). Il m'a amené à sa maison, où il vit avec sa famille immédiate (père, mère, soeur), sa fille et sa femme (qui attend un enfant bientôt). La pièce où il habite mesure à peine une grande cuisine où on retrouve une chambre et un salon commun. À l'entrée de la maison on retrouve un petit présentoir où sont étalés quelques consommables et nourritures que sa mère vend.

Puis nous sommes partis découvrir le secteur et me présenter à quelques-uns de ses amis ainsi que l'entourage avant de prendre un zem (taxi-moto) pour se rendre au grand marché Dantokpa. Ce grand marché. C'est alors que j'ai visité la section de produits du marché: fruits, légumes, viandes, volailles, poissons, consommables, etc. Il y a des dizaines de présentoirs, à répétition et disposés tous différemments.

Après avoir déambulé pendant plus de 2 heures dans le marché, j'étais fatigué et je devais rentrer afin de retrouver Stéphane pour aller à nouveau rencontrer Bénédicte et faire les empelettes au marché pour le dîner de dimanche où nous sommes invités à préparer de l'igname pilé... notre mets préféré. Encore une occasion de prendre des photos, de découvrir les produits locaux et ceux qui compose la gastronomie africaine. De là, ce soir-là, j'étais vraiment épuisé. Je suis allé avec Stéphane souper au végétarien dans le quartier Védoko, à 10 ou 15 minutes de marche de la maison de Houéhiyo. Comme nous avions avisé à l'avance le tenancier, il a pu nous préparer une vraie bonne bouffe. C'es un jeune cuisinier africain qui a voyagé un peu dans l'Afrique de l'Ouest et qui pratique le végétarisme. Il a appris à préparer des mets simples qu'il nous offre: le glutten, surtout.


Puis dimanche, Stéphane et moi avons été reçu chez Bénédicte pour le dîner, surtout pour apprendre à préparer un met africain: un ragoût de boeuf et fromage dans une sauce aux arachides, accompagné d'igname pilé. Le but était aussi d'expérimenter la préparation d'igname pilé... tout un sport! La scène s'est mise en place au moment où on était en retard... on se l'est fait noter (mais pas gronder), à notre étonnement car l'heure africaine des fois, ca peut varier. Décidément j'ai bien peur que les locaux commencent à dire que ce sont les expatriés qui prennent du retard, et non les locaux. Je commence à reconnaître, de façon générale, qu'ils sont à l'heure et bien à leurs affaires. Alors, pas de perte de temps, nous commençons la préparation par la sauce aux arachides, suivi de la préparation de l'igname... on le pilera lorsqu'il aura cuit à la vapeur dans la marmite. Je dois donner quelques détails intéressants: avis à ceux qui aiment le vrai BBQ: tout est cuit sur charbon de bois... le gaz est trop onéreux et les cuisinières électriques sont inexistantes, dans un pays où la stabilité du réseau électrique est un problème et les coupures ou délestages fréquents. La tension électrique est normalement du 220v, le régulateur que j'ai à la maison indique souvent 200v et parfois 180v quand ce n'est pas du 240v... et on ne parle pas encore de la qualité de l'onde électrique.
Bref, on cuisine, tout va bien. Le cousin de Bénédicte, le champion qui sait bien préparer l'igname pilé entre en jeu et commence à nous montrer les rudiments: on pile d'abord pour écraser et mâcher le tubercule bouillant. On ajoute de l'eau graduellement pour obtenir une pâte molle et de plus en plus lisse, jusqu'à consistance désirée, légèrement élastique. Dès lors, on peu servir. Tout au long du processus de préparation du repas, nous prenons quelques photos. Nous attendions celle où on se met à la tâche de tenter de piler l'igname: ouf! déjà le pilon doit peser un 2 ou 3 kilos, le soulever pour le laisser retomber dans le creuset en y ajoutant une impulsion pour marteler l'igname. Dès là il faut forcer pour décoler l'igname qui retient le pilon dans la pâte et replonger... c'est pas long que l'on a chaud, l'eau s'égoute sur le corps et on est essouflé... ce sera long et on le méritera notre repas! Une chance que j'avais négocié un bon coup d'aide avec son cousin! Le rituel veut que l'on serve les ainés en premier, puis les plus jeunes par la suite. J'avais l'impression qu'il se trouvait beaucoup de monde dans la place... mais il y en avait pour tous, sans problème. Nous avons donc mangé en même temps que Bénédicte, qui a du servir les plats de tous qui se trouvaient dans les lieux, les enfants y compris.

(le pileur d'igname yovo)

Comme Bénédicte m'a fait découvrir comment préparer le jus de "bisap" et que l'on a tout acheté le nécessaire au marché Dantokpa la veille, j'ai apporté une bouteille pour offrir à tous un bon nectar de bisap et ainsi démontrer mes talents culinaires... un succès! Cependant ils l'ont trouvé assez concentré, mais pas de problème, un peu dilué dans l'eau et il est délicieux. Le bisap est préparé à partir d'une fleur séchée de couleur mauve que l'on retrouve en abondance dans les marchés (maintenant que je reconnais cette fleur) et que l'on fait infuser dans une marmite pour environ 15 minutes. Il enressort un jus rouge vif, s'apparentant à du jus de raisin (le fameux Welch). On filtre le tout, on y ajoute un peu de sucre au goût et de l'extrait d'essence d'un fruit (fraise, banane, ananas, etc)... petit délice! La famille était bien contente et épatée de voir un yovo préparer et leur présenter un produit local! C'est donc après une petite séance de photos que nous sommes repartis se reposer et raconter le tout... sûrement que l'on reviendra voir cette accueillante et attachante famille. Il y a encore à voir et à faire, ils pourraient nous révéler bien des secrets et faire découvrir à travers Cotonou.


(Yan, Audace, Bénédicte et Steph)

La semaine qui vient sera bien chargée: formation de deux jours avec Oxfam et une journée visite de Songhaï, à Porto-Novo. Ca fait deux fois que je passe à Songhaï et que je n'ai pas pris le temps de faire une visite... ce sera l'occasion de vous décrire plus en détails ce qui s'y passe et ce que l'on fait. Ce sera très enrichissant.

Avec Stéphane nous avons jeté un regard rapide sur le calendrier des fins de smaines qui viendront... ouf! Il est reste moins qu'il y en avait et il nous semble que nous voulons faire de plus en plus. Le réseau de contact s'élargissant on a beaucoup d'opportunités... et le travail dans tout ça??

Je vous en repale!! À très bientôt!

mardi, janvier 17, 2006

Erratum... boubou vs boumbha

Bonjour à tous!

J'ai discuté samedi dernier avec une couturière au doigts de fée et elle m'a expliqué la différence entre un boubou et un boumbha... le boubou est d'origine porté par les musulman et est plutôt un style de grande robe portée par l'homme. Le boumbha est un vêtement 2 pièces, comme j'ai fait faire. Merci à Bénédicte pour les précisions!

À suivre...

dimanche, janvier 15, 2006

Semaine mi-janvier

Bonjour à tous!

Alors, vous vous les gelez/dégelez? Ici ca commence à être mieux: la température est toujours chaude mais de plus en plus supportable à cause de l'effet de l'Armattan. Le climat est un peu plus sec, même si la chaleur est plus intense, les nuits sont plus agréables car la chaleur se dissipe plus rapidement. Je me sens comme dans le sud, à Cuba disons.

J'ai quelques petites nouvelles à vous donner, entre autre celui d'une petite description de mon état général... disons que mon absence du web des derniers jours s'explique par mon corps qui m'a dit "wo meunutte, ici il y a des bactéries!". En effet, j'ai eu une épisode intense de diarrhée accompagnée de pointes de fièvres intenses... un petit repos et tout passait bien pour la fièvre. Mes collègues du bureau me suggèrent d'aller consulter car ca ressemble à un "palu" (la malaria). Quelque peu inquiété et après avoir relu les écrits que j'ai sur la question, je suis allé goûter à la médecine "des riches", donc privée, du système Béninois... c'est vrai que c'est un système à deux vitesses... faillait voir celle à laquelle tout a été complété: en seulement cinq heures tous était fait: consultation, tests et résultats (sanguin et des selles), diagnostic et achat de médicaments. Pour combien? Bof... un gros 25,000 FCFA = 55$ CDN. Ceci inclu une visite de suivi, 3 jours plus tard. Le médecin est un externe (Européen, c'est sûr) qui est au Bénin depuis 7 ans. Il semblait bien blasé et avoir un bon penchant sur la pharmaco et la consommation de pilule (pensez-donc à la chanson du groupe "Mes Aïeux": "une pilule, une granule ..."). J'essaie de traiter au naturel la diarrhée (huile d'origan entre autre)... c'est sur le bon chemin de se résorber. Puis, je ne sais pas pourquoi dire cela mais c'est le genre de truc qui me semble typiquement à la francaise, il m'a mis au repos forcé pour trois jours...

Par contre, rassurez-vous, je mange bien... en fait ce que l'on peut trouver qui ne contribue pas à agraver la diarrhée. En voyant quelques autres stagiaires, plus on en parle, plus on découvre que quelques uns avouent avoir quelques petit bobos du genre... signe de notre acclimatation?? On va bien y survivre, comme on se dit!

Rassurrez-vous davantage, mon moral est très bon, même si parfois moins réjouissant avec des bébites qui me parasitent. C'est surtout que mon travail n'avance pas beaucoup dans ce cas là et les jours commencent à compter... on a passé la mi-temps maintenant!

L'autre sujet concerne un petit sondage rapido-éclair (si vous pouvez répondre dans la section commentaires, ca serait idéal). Je suis allé visiter l'ONG ASUNOES dont je vous ai décrit plus tôt (voir "Visite ASUNOES ONG à Porto-Novo", le 8 janvier 2006). Ces derniers font de l'artisanat pour les aider à subvenir à leurs besoins. Pour le moment ils écoulent surtout en Europe mais aimeraient bien en faire autant en Amérique... que je le voyais venir! J'ai expliqué que je ne suis pas exportateur mais que ca pourrait sûrement m'intéresser de joindre ceci à mon travail dans la dernière phase de mon mandat de stage, celui de l'engagement du public (je vous en reparlerai plus tard). Le plan est qu'au retour, je préparerai une suite de conférence sur mon expérience au Bénin. Lors de cette présentation, je pourrais revendre des produits qu'ont fabriqué les gens de cette ONG. Ce sont des travaux faits par les enfants en grande partie (les enseignants et autre personnel y prennent part), dans un cadre d'apprentissage d'un métier, ce ne sont pas des travaux "forcés", ce travail ne les empêchent surtout pas de reçoivent une éducation pleine et entière, les fruits de ce travail servent à assurer leur subsistance ainsi que rendre l'organisme auto-suffisant. Au fond, au lieu de vendre du chocolat, ils vendent leurs produits. Le prix des articles se situerait entre 15$ et 75$. On retrouve, en guise d'exemple, des nappes de table et chemises tissées, petits sac à main en bandouillère, genre de patchworks où figurent des animaux, etc. Voici deux micros-photos d'échantillons de produits. De très jolis produits.



Alors qu'en pensez-vous?? Comment percevez-vous ceci?? Y a-t-il de la demande?? Vos commentaires, SVP!

Au plaisir et à très bientôt!!

mercredi, janvier 11, 2006

Fête Vodun à Ouidah (10 janvier)

Bonjour à vous tous!!

J'espère que tout va pour le mieux chez vous et que l'hiver se passe bien malgré ses sauts d'humeurs dont j'ai les echos (via des courriels et aussi Radio-Canada sur le web).

Ben oui, j'ai découvert Radio-Canada sur le web. À mon travail nous avons une connexion internet via le réseau local (un des rares stagiaires à disposer de cette chance). Je me connecte donc parfois pour y écouter les émissions du matin, comme je le ferais à Montréal. Du vrai Vodun d'être si loin et si proche en même temps!

Parlant de Vodun, je suis allé à la fête du Vodun, à Ouidah mardi le 10 janvier. Nous étions plusieurs stagiaires (en fait, tous!) sur les lieux. Il y avait aussi beaucoup de touristes yovos. J'ai jamais vu autant de yovos dans un même lieux... les recettes des ventes pour les locaux ont du être assez fructueuses!

Pour ma part, ce que j'ai pu en retenir, c'est une fête riche en couleur et sens. En sens surtout pour les locaux et adeptes du Vodun. En effet, le Vodun est souvent associé à la sorcellerie, au mauvais sorts ou esprits etc. Ce n'est pas ce que les adeptes veulent démontrer... justement c'est la tendance inverse qui tente d'être inculquée à la population: le Vodun apporte aussi le bien. Les adeptes profitent donc de cette "Journée Mondiale des Arts et Culture Vodun" pour en faire la promotion, la démonstration que ce n'est pas de la sorcellerie. Je vous dirais que c'est tout de même un rituel difficile à comprendre et à suivre pour les non-initiés comme moi. J'ai vu des manifestations de dance, avec des constumes riches en couleur sur des rythmes des tam-tams intenses et soutenus.
Des actions étranges comme égorger et plumer un poulet en guise d'offrande aux esprits. J'ai vu la représentation des esprits se manifester sur le site sous une genre de tipi en paille se déplacer et être conduits par des initiés (ou prêtes). Il y avait aussi quelques apprentis qui s'enfarinaient le corps de poudre d'os pour danser énergiquement sous les rythmes des tam-tams jusqu'à tomber en transe. Chaque apprentis était assigné à un initié qui le commandait par des coups de sifflet. Mise en scène, démonstration ou manifestation réelle? Difficile à dire, mais la scène m'était totalement étrangère à toutes manifestations que j'ai pu voir à ce jour. L'histoire et la tradition Vodun est très longue et complexe. Je n'ai pas encore eu la chance d'y initier assez longtemps pour en comprendre les sens et les manifestations, mais je vous le jure, c'est assez intense de voir ça se dérouler sous mes yeux. Le tout se passait à Ouidah, devant l'enceinte de la forêt sacrée. On raconte que dans cette forêt il y a longtemps, des hommes ont voulu abattre un arbre qui une fois par terre et débité, les hommes se seraient évanouis par une force étrangère pour plus tard se réveiller avec l'arbre complètement remis sur ses racines, comme si rien ne s'était passé. L'histoire de la forêt sacrée révèle bien d'autres manifestations du genre... de quoi bien porter son nom.

La cérémonie a débuté par l'arrivée du roi (roi de qui, d'où, malheureusement j'en sais pas trop). Toute une série d'allocution en langue fon et parfois en francais ont caractère le caractère et la nécessité de la fête du Vodun. Les thèmes de la liberté, de la démocratie ont aussi retenu l'attention des gens. Puis les festivités et manifestations ont débutés. Plusieurs groupes de danseurs s'exécutent devant la foule pour s'arrêter devant le roi avant de poursuivre. Les costumes, les instruments, les champs sont tout aussi variés. Tout au long de la cérémonie, les esprits manifestaient leur présence en déplacant les genres de tipis sur la grande place. Le tout sur des rythmes qui provenaient d'un coin ou de l'autre de la grande place. Des dances hautes en couleur et énergiques y étaient exécutées.

Sur place j'ai à nouveau rencontré Simon et France, les deux voyageurs intercontinentaux de Montréal. Simon travaille pour Connexim... on a passé la journée ensemble à déambuler dans Ouidah, assister aux diverses manifestations et échanger un peu des trucs. Petite anecdote qui en vaut la peine: à l'heure du souper, nous avons trouvé un petit resto bon chic bon genre, en retrait de Ouidah.

Au bar, il y avait un poste de TV qui diffusait une émission du style musique plus, mais à l'Africaine. Eh bien , je pouvais m'imaginer que bien des choses prennent du temps à arriver à l'Afrique mais là j'ai pogné un coup de vieux quand j'ai reconnu le clip de "Thriller" de Michael Jackson! Nonnnnnnnnnnnnn! Pas vrai! Vous me croirez pas mais on l'a regardé au complet, figé au petit écran comme la première fois, mais en se remémorant cette époque... ça a presque 20 ans ce vidéo-clip!? Ils ont passé l'intégrale, en plus! Fallait bien être au Bénin, dans un endroit complètement dépaysant et perdu pour se faire rappeller la culture de l'époque.

Sur ce, faites pas de cauchemar, je vais me coucher, la journée a été épuisante (et le médecin qui me met au repos forcé, pensez-y!).

A très bientôt!!

E isso (au revoir)!

lundi, janvier 09, 2006

Visite ASUNOES ONG à Porto-Novo

Jusqu'ici, je vous ai parlé de plusieurs sujets dont principalement des visites et voyages dans la contré Béninoise. Cette fois-ci, j'ai du nouveau. Malgré les difficultés ou le peu de ressources, il y a dans ce pays des gens de bien qui veulent du bien à leur concitoyens... j'en ai eu une belle démonstration cette fin de semaine, à Porto-Novo. Je dois d'abord saluer et remercier mon collègue de travail, Brice Gbessi, qui, grâce à ses contacts et à son dévouement, a organisé une visite chez deux ONG de la province de l'Ouémé, à l'Est de la province de l'Atlantique (où on retrouve Cotonou).

Tout d'abord nous nous sommes rendus à Porto-Novo, où le directeur de l'ONG ASUNOES nous attendais. Après avoir enfourché chacun un zem pour se rendre ce que j'appelerais les confis de la brousse, nous arrivons au site de l'école. Avant même de franchir le muret qui entoure l'ensemble des bâtiments, le protocole se met en place. Des enfants se succèdent, la première porte un bol d'eau qu'elle verse sur le sol, en signe de paix avec nous. Une seconde et apporte une gerbe de fleur, en guise d'accueil. La troisième remet un bol contenant des noix de kola, en signe d'une amitié durable.

Le tout en présence du directeur, et de ses quelques associées de la direction, quelques enfants en arrière plan qui attendaient notre visite. Une fois le protocole de bienvenue reçu (j'étais très ému de cet accueil, si traditionnelle, simple et pleine de sens), nous avons été invité à découvrir chacun des pavillons, où nous attendaient le personnel de service. Puis, nous sommes montés dans les locaux de classes, où nous attendaient les enfants et leur professeur, qui y faisaient la classe. Tout ceci en notre honneur. Je demande au directeur: "Vous faites l'école le samedi??" ... "Non, nous avons suggéré aux parents d'envoyer leurs enfants ce samedi afin de ne pas vous montrer des locaux vides"... QUOI? Ces quelques 250 enfants et professeurs sont ici pour nous??? Effectivement, il fallait montrer l'école avec de la vie dedans! Wow! Quel tour de force! D'autant plus que notre visite a été annoncée il y a un peu moins de 48 heures. Nous avons fait le tour de toutes les classes, où nous avons été reçu avec les saluations et la discipline officielle, debout en pénétrant dans le local et tous en coeur: "Bonjour messieurs, vous allez bien?". Puis le directeur prend la parole et les gestes: il explique que nous sommes des coopérants Canadiens et venus ici en visite. Les professeurs font leur classe, nous les voyons en action. Nous prenons quelques photos, nous partageons les images, nous échangeons... avant de passer à une autre classe.



C'est en 1993 que M. Raymond Sekpon, désabusé par le sort que le système scolaire réserve à son fils né d'une surdité, et cherchant à intégrer ce dernier au système, convaincu qu'il en est capable autant que les enfants "normaux", il fonde son oeuvre. Il fait plus, il innove: les enfants sourds ne doivent pas être mis à part, ils doivent se sentir acceptés et faire partie du monde "normal". Il travaille donc à s'entourer de bonnes gens et à développer une méthode d'apprentissage qui sera très novatrice, aujourd'hui pleine de succès: l'enseignement en classe mixte des sourds et entendants, garçons et filles. Ainsi il brave la tempête des tendances qui vise à séparer et utiliser des méthodes distinctes pour les deux catégories. Les fruits, sont mûrs, les marques de succès y sont, l'Europe y croit et y investi. Le succès que remporte ses méthodes et la générosité qui anime M. Sekpon l'invite à développer, dans l'Atlantique, province voisine, à Abomey-Calavi, une seconde école afin de répondre à la demande grandissante. L'Association Universelle d'Oeuvres pour l'Epanouissement des Sourds (ASUNOES) est une ONG qui s'occupe de prendre en charge l'éducation des enfants sourds ou en situation difficile. Elle compte pas moins de 250 élèves inscrits aux programmes primaire et secondaire. Toutes les matières de bases des programmes scolaires y sont enseignées et soutenus par une équipe d'une quinzaine de professeurs. Une section interne pour filles et garçons y est instaurée afin de répondre au besoin d'éloignement de certaines famille. Le ratio des sourds et entendant par classe varie mais généralement près de 50%. On demande souvent s'ils s'entendent bien et s'il ne se chamaillent pas trop... il semble que tout est pour le mieux. On voit déjà des comportements compassionnels circuler entre les deux types de jeune. De beaux modèles pour ceux qui composeront la société future.

Dans le but d'être en mesure de pousuivre ses oeuvres et assurer son autonomie face à l'autorité Béninoise, ASUNOES compte sur plusieurs programmes: le financement de projet par des ONG outre-mer, le parrainage d'enfants et la fabrication et la vente d'articles d'artisanat. Pharmaciens sans frontières, en plus de soutenir la présence d'une infirmière sur place, y envoie des médicaments. Les produits d'artisanats produits sur place sont pour la plupart destinés à la vente en Europe. Le parrainnage d'enfants est une façon bien concrète de soutenir l'action humanitaire de l'Association. En donnant annuellement, les gens peuvent soutenir les cycles scolaires d'un enfant (ou plusieurs). ASUNOES s'engage à faire parvenir la photo, le nom et de vous donner un suivi sur la progression de l'enfant. Si cela vous intéresse, j'ai toutes les informations. Croyez-moi, c'est impressionnant ce que la communauté est en mesure de développer comme moyen de lutte à l'exclusion des sourds.

Visite ONG-AS à Porto-Novo

La seconde visite à Porto-Novo a été celle d'un cas délicat, touchant un problème grave de santé publique et en particulier en Afrique: le VIH/SIDA. Le ONG Action-Sociale se mobilise principalement pour agir au niveau de la prévention, le dépistage et offrir ressourcement auprès des populations touchées par ce fléau.
Il n'est pas rare de rencontrer des familles où le VIH/SIDA prévaut et que l'on ne soit pas au courant... même entre partenaire ou conjoint, il est tabou de parler de cette maladie.
Action-Sociale est en mesure d'aider les personnes affectés par le VIH/SIDA à se procurer les médicaments pour combatre les maladies dites secondaires, c'est-à-dire celles qui affligent les sidéens: paludisme, grippe, etc. Elle n'est cependant pas en mesure de fournir la médication pour traiter le SIDA (les ARV).
Outre son implication dans le domaine de la santé, AS-ONG intervient dans les domaines de l’éducation et la formation, l’agriculture et la micro-finance.
Afin de soutenir son oeuvre et être le plus indépendante des sources externes, le AS-ONG possède une terre de 12 hectares dans Dogbé (province de l'Ouéme, non-loin de Porto-Novo). On y cultive le palmier pour en extraire son huile ainsi que le bois de chauffage. Eh oui, le bois est encore très utilisé pour la cuisine... très rudimentaire. La fabrication et la mise en conserve de la pâte de tomate pour utilisation et vente locale.
En compagnie de son directeur exécutif, M. Eugène Aguemon, nous sommes allés sur le site central de la communauté qui gère la terre. Des gens très accueillants et souriants nous ont chaleureusement accueillis. Pour nous avons fait un autre bout de chemin de brousse pour enfin nous retrouver dans un site très enchanteur: la vallée de l'Ouémé. Cette vallée, une terre riche et cultivable qui se trouve être la seconde en importance après le Nil. Ça et là on peut voir des plantations: gombo, piments, maïs, tomates, etc. Comme il faisait bon de se retrouver dans un endroit où l'air est d'une qualité exceptionnelle, l'environnement d'une beauté sans pareil et d'un calme enviable et reposant.

ONS AS est présente sur le terrain depuis 1999.

Les détails de ONG-AS sont si bien décris sur leur site web, que je vous invite fortement à aller visiter si vous voulez savoir davantage, ne serait-ce qu'une faction, sur les actions menées par cette structure. Un exemple probant de détermination Béninoise sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion. Si vous connaissez des gens qui travaillent dans le domaine social et qui explore moindrement ce qui se fait dans le ailleurs dans le monde sur le sujet des actions sociales, faites une bonne action, refilez-lui l'adresse du site, le détour est vraiment très intéressant:

http://www.actionsociale.org

Bonne visite et un grand merci à M. Eugène! Je vous souhaite beaucoup de belles réalisations et de projets à succès, vous le méritez fort bien... pour la nouvelle année ainsi que celles à venir.

(Brice, Yanick, épouse de M. Eugène, Eugène)

jeudi, janvier 05, 2006

Topo sur la bouffe Africaine

Bonjour à vous tous,

J'espère que vous avez passé un heureux temps des fêtes... nous revoici donc en force pour la nouvelle année 2006! Que la Santé, la Paix et le Bonheur soient avec vous pour l'année durant.

Voilà! Comme premier sujet de l'année, j'ai cru bon vous donner un aperçu de la bouffe Africaine. Puisque je vais dîner au même endroit le midi, on me connaît mieux, on apprécie ma présence, c'est le temps de sortir l'appareil photo pour vous montrer ca un peu.



Voici donc un exemple de plat typique, mon préféré par ailleurs: l'agoun ou, en français, de l'igname pilé, accompagné d'une viande, un fromage bouilli dans une sauce aux arrachides. L'igname est un plante à tubercule de la dimension d'une grosse aubergie (parfois plus), très dure. Une fois pelée et bouillie (comme des patates), la pileuse d'igname écrase sa chair farineuse dans un mortier à l'aide d'un grand pilon. Au fur et à mesure du processus, on ajoute un peu d'eau et l'igname se transforme en un pâte quelque peu élastique et maléable. On en forme donc une boule que l'on applatie dans une assiette. La texture est très agréable mais le goût est peu présent. C'est pour cette raison qu'on l'accompagne d'une sauce dans laquelle on a fait cuire soit (séparément), une viande, du fromage, poisson ou du poulet bicyclette. Avec les doigts de la main droite, on arrache une pièce d'agoun (résultat de la transformation de l'igname ainsi pilé) pour la tremper dans la sauce avant de se l'engloutir dans le gorgeton... délicieux (selon la sauce)!



J'ajouterais aussi un détail, voir la photo où on voit 3 femmes, les pileuses d'igname, en action. Chacune y va de son coup de pilon. Parfois elles y vont d'une régularité et un rythme qui enchante car en retombant, le pilon frappe d'abord le bord intérieur du mortier, ce qui en produit un son creux du bois dont est fait le mortier. Lorsque les trois pileuses sont à l'unisson et bien cadencées, on peut les entendre soutenir un rythme très agréable. On m'a expliqué que dans certains villages on entonne des chants sur les rythmes des pileuses d'igname. Cette tradition ne s'est pas perdue et peut encore être entendue aujourd'hui.

La pièce de fromage que vous voyez dans le plat de droite est un fromage assez étrange pour moi. Celui-ci est fort probablement un faux (car il existe un vrai et un faux... allez savoir!) car il est servi à bas prix et dans un maqui de bord de rue. Toutefois, il demeure nourrissant. J'ai déjà acheté ce type de fromage au marché St-Michel et qui a très bien remplacé la viande dans un plat de chili végétarien. En fait de goût et de texture, il est à s'y méprendre avec du toffu (qui n'existe pas du tout ici) mais avec une légère odeur de lair cru, typique des fromages. Voir ce fromage qui a mijoté dans un ragoût me rassur car les conditions dans lesquelles il a été fabriquées et surtout celle où il est vendu ne me rassurent guère: on le voit dans un marché, déposé sur un plateau, à la croûte rouge plus ou moins prononcée. La femme qui le présente l'éponge régulièrement d'eau (source douteuse) et en éloigne les mouches qui adorent s'y coller. On ne sait pas depuis combien de temps ce fromage est exposé au soleil, ni aux mouches.

En terminant, voici un aperçu de mon choix de menu du midi habituel, tout près de mon travail:

base: pâte blanche, pâte noire, igname pilé (agoun), riz (monlikoun);
sauce: sauce arachides (aziin nsounoun), sauce poisson (kan nsounoun);
résistance: viande (mouton = gbo lan, boeuf = gnibou lan), fromage (wagachi), poisson (kan);

la résistance se présente en bouchée... le prix est à la pièce. Un portion complète me coûte généralement 800FCFA = moins de 2$.

Alors voilà, si vous êtes sur le point d'aller dîner ou souper, bon appétit!

Au plaisir d'avoir de vos commentaires et nouvelles, à très bientôt!

dimanche, janvier 01, 2006

Fete du Nouvel An

Bonjour à vous tous!

Je profites de ce moment pour vous transmettre mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2006 qui est maintenant amorcée. Beaucoup de joies, Paix, Amour, Santé... et de beaux projets à réaliser!

Ici au Bénin la fête du passage à la nouvelle année s'est bien déroulée. J'ai relancé l'idée de réunir à la maison les stagiaires du programme d'Oxfam-Québec, sous la paillotte (un gazébo couvert d'un toit de paille). Quelques amis supplémentaires se sont ajoutés, ce qui a bien agrémenté la fête. Le souper était collectif; un beau menu, mais pas tout-à-fait à la béninoise: chili végétarien, riz, salade verte, salade de pois chiches, pâtés divers et brucheta... sans oublier les pâtisseries... pas mal debrouillards, les Québécois!

Sous les coups de minuit nous avons sabré le champagne (un vin mousseux, en fait)

(photo à venir)

pour tous nous souhaiter une heureuse année 2006. Puis dans le ciel de Cotonou les pétards et les quelques feux d'artifices se sont allumés. Notre gardien de la maison nous a expliqué qu'en raison d'une intervention des autorités ainsi que la situation économique défavorable qui prévaut, le nombre, la durée et l'intensité de ces manifestations bruyantes et colorées ont de beaucoup diminuées. Puis on a dansé sur de la musique des béninois, de la Fouka Fouka (ou du "coupé décalé", que je n'affectionne pas particulièrement). On a bien mangé, bien bu. Le lendemain matin on croyait la ville bien endormie... tout tournait au ralenti. La ville de Cotonou semblait vide de ses habitants, en effet, on m'a expliqué que beaucoup sont avec leurs proches dans des villages à travers le Bénin. Encore le surlendemain, où je suis au bureau, la grande majorité des maquis (petits restos de bord de route) sont demeurés fermés. Par chance la pâtisserie était ouverte et avait encore un peu à offrir. Les activités régulières de la ville reprendra tranquillement au cours de la semaine et tout sera de retour à la normale la semaine prochaine.

Voilà, si vous avez des commentaires, messages, notez qu'ils me font toujours plaisir de les lires... utilisez le lien au bas de chaque article: "x comments"... n'oubliez pas de mentionner votre nom/prenom dans le message, ca m'aidera à vous localiser dans ma tête.

Allez, au plaisir, à très bientôt, bonne continuité!