lundi, février 06, 2006

Visite ONG: LAMA-Progres

Bonsoir à vous tous,

Mon collègue de travail au CPA&ONG, Brice, et moi en parlions depuis déjà un petit bout de temps. Enfin tout s'est mis en place pour aller visiter une ONG dans le secteur au nord de Allada, à Houègbo, dans la brousse africaine. Départ de Cotonou à 10h, une heure plus tard que prévu (heure normale africaine). On arrive sur place après une ride d'un peu plus d'une heure dans un taxi-sardine: 10 personnes dans un peugeot 504 station-wagon, blanche, 3 rangées de bancs, normalement fait pour 7 personnes, décapitée par le temps et un chauffeur chauffard, aimant prendre les courbes à gauche dans la voie de gauche... le seul détails que je n'ai pas c'est l'année de ce "carosse"-corbillard. Mes fesses se souviendront de cette ride, plissées à jamais de l'inconfort subi. Bon! Que ça fait du bien d'en parler!

On débarque à une station d'essence (défraîchie, dont les réservoirs sont sans doute à sec), un homme et sa femme nous accueille pour nous reconduire dans la brousse sur un taxi-moto (un zem!). C'est là que nous sommes accueilli par Josué, le président de l'ONG LAMA-Progrès et de ses collègues.

LAMA-Progrès offre ses connaissances et son expertise à la communauté afin que celle-ci se prenne en main et se développe. Son action se décovre à travers la santé, l'éducation et l'accès au financement. Son plus important plan d'intervention est au niveau du micro-crédit. Avec l'aide des communautés environnantes, elle a créé multiples entités de crédit et d'épargne, des "caisses". Il existe 9 de ces entités, chacun indépendante, autonome et présente dans les départements avoisinants. LAMA-Progrès offre son soutient à ces initiatives en offrant son expertise en comptabilité, en gestion et en organisation. Elle fournit aussi un appui matériel et de logistique mais aucunement financier direct servant à constituer le fond de roulement de la caisse. Le principe repose sur la volonté de la communauté à se prendre en main: la caisse doit soliciter ses membres à l'épargne afin d'être en mesure de répondre à sa propre demande de micro-crédit. Un système de gestion et d'évaluation du crédit est en place et sert de guide. Toute transaction est annotée, tout membre reçoit sa carte, le livret de caisse et les fiches des dépôt et de crédit sont consignés à la caisse. J'avais l'impression de vivre l'initiative d'Alphonse Desjardins en 1901... même si je n'y était pas à cette époque, je perçoit la même vision qu'avait énoncé M. Desjardins. Back to the future... Je n'ai toutefois pu connaître d'où est partie l'idée d'une telle initiative, mais il y a des gens chez LAMA-Progrès qui ont un long parcours d'étude et une formation solide et enviable, en plus d'avoir bien des idées en tête pour parvenir à aider concrètement cette société.
Lors des "discours" officiels, la présidente m'a adressé (dans un dialecte que je ne comprenais aucunement) les remerciements pour ma visite, espérant que mon passage saura marquer leur destiné et en m'invitant à me prononcer sur les actions que je pourrai porter pour donner un élan à cette initiative de crédit et d'épargne. Étant pris par surprise, je ne savais trop comment élaborer de réponse. J'ai donc improvisé et en fonction de ce qui m'était accessible jusqu'ici: via le programme qui m'offre l'opportunité de vivre cette expérience nouvelle et unique, j'apporterai aux gens de ma société un regard nouveau sur l'Afrique en leur parlant des réalités, en témoignant et ventant les belles réussites du Bénin.
Ce micro-crédit est très utile aux gens de la commune, surtout les femmes. Ces dernières sont d'abord majoritairement vendeuses de produits au marché local. Or pour se procurer les produits chez les fournisseurs, ça prend un fond de départ. Même principe si elles doivent entretenir leur kiosque, se procurer un frigo, etc. La caisse entre donc en jeu et va leur procurer le financement nécessaire, en mettant en garantie ce qu'elles possèdent: terrain, maison, ameublement, kiosque, divers articles. Les frais et modalités de remboursement sont établis: le marché local se tient à tous les 5 jours... donc il faut payer 1 fois par 5 jours. Sans quoi des pénalités peuvent être appliquées, des biens saisis (à la limite), sans compter le faible montant d'intérêt. Le terme micro-crédit n'est pas pour rien: en général, les femmes empruntent entre 10,000 FCFA (22$CDN) et 60,000 FCFA (133$CDN) qu'elles remetteront sur un terme de 3 à 4 semaines tout au plus. Et les hommes dans tout cela?? En bien, ils sont dans une problématique non enviable et fort plus complexe. Généralement, les hommes sont des paysants. En tant que paysant, ils auraient besoins d'accéder à un montant de crédit beaucoup plus élevé pour acheter les semences, les fertilisants, l'outillage, etc... mais comme les fruits de leur culture ne sont pas monnayables avant une période de 4 à 5 mois, la caisse ne peut leur prêter car elle ne peut se permettre une échéance de plus de 5 ou 6 semaines... risquant de tomber sans fonds et ainsi ne pourrait plus prêter aux "bonnes femmes" (comme ils les appellent), qui font que la commune survit. Même en insistant sur cette problématique, je n'ai pas eu beaucoup de suite sur cette situation...

J'ai donc posé des questions sur comment devenir membre de la caisse, les modalités, les frais, etc. Je me suis dit que ca pourrait être symbolique d'avoir mon nom dans le registre des membres, en plus de prêter le montant qu'il faut pour la part sociale, laquelle permettra à la caisse de prête cet argent par la suite. Alors me voici maintenant membre d'une caisse "populaire" au Bénin: la caisse Aïdédji de Houègbo... mon numéro de membre est le 0440... ça vous en bouche un coin, ça, non? En fait mon initiative est très symbolique mais pourrait déboucher à quelque chose d'intéressant pour la caisse: c'est le temps des présidentielle en ce moment. Lors de leur passage en campagne, pourquoi les aspirants et les représentants ne pourraient-ils pas devenir membre de la caisse, en échange d'une promesse d'un appui lors du jour de l'élection? L'idée a été lancée et je crois qu'elle germera fort dans la tête du gérant de la caisse. Je lui ai donné un petit argument intéressant: "Un coopérant Canadien l'a fait, pourquoi pas vous, qui êtes local et qui défend les intérêts de cette communauté?"... vous auriez du voir la tête qu'il a fait!

Au retour à l'ONG LAMA-Progrès, on a pris un petit goûter avant de recevoir une offrande pour ma visite: un sac de bananes! Il devait bien y avois 20 kilos de bananes là-dedans! Bien sûr refuser est à proscrire de son registre... imaginez ce que sera ma diète de la semaine prochaine.

(photo mes bananes)

Après les salutations, nous sommes repartis prendre la route, de retour vers Cotonou.

3 Comments:

At 9/2/06 17:23, Anonymous Anonyme said...

Bonjour Yannick,

En passant le commentaire savonneux était de ma part, j`ai encore oublier d`y laisser mon emprunte.

Ont pourra se parler de tout ton périple à ton retour.

1-800-Jack

 
At 10/2/06 15:35, Blogger Yanick Heynemand said...

Bien sûr que l'on s'en reparlera, a mon retour j'ai une semaine pour préparer un compte-rendu photo pour une conference. La date sera donnee bientôt; il y en aura une autre pour Connexim, lors de mon retour au travail. Et sûrement d'autres, à la demande.

A bientôt! je dois aller péter de la broue au bureau...

 
At 10/2/06 16:28, Anonymous Anonyme said...

Je serai au 505 pour une durée de 3 mois sur un projet ISO 17799. Alors on pourra se rencontrer plus facilement.

1-800-jack

 

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