Village d'Agbotagon, eau bleu, plage et élections... compte complet!
Bonjour à vous tous!
Quelle semaine je viens de passer! Comme le temps passe vite et aussi par le fait que mon séjour s'achève très prochainement (retour le 17 mars à Montréal), je dois condenser les visites et trouver du temps pour accomplir mon ambitieux programme de découvrir et vivre le Bénin. En ce lundi matin, je prends un peu de temps pour vous relater les différents programmes que j'ai eu la fin de semaine dernière... tous plus palpitant les uns que les autres. Notez que ceci est un condensé... plus détails "live" à mon retour (et sur demande!).
Pendant que j'y pense, j'annonce une première conférence-diaporama (comentaires, photos, musique, artisanat) sur cette expérience pour samedi le 25 mars prochain, à 20h à Joliette, au centre le Parcours. Les réservations sont nécessaires car la capacité de la salle est limitée. Laissez un message sur ce blog ou envoyez un message courriel si vous êtes intéressés. À la demande je serai disponible pour présenter une autre conférence-diaporama. Une seconde est prévue chez Connexim (mon employeur), la date reste à déterminer... Debbie!
Bon trois belles sorties cette semaine: Agbotagon à 1h30 de Cotonou dans le département de l'Atltantique, Possotomè et Grand-Popo, aussi à 1h30 dans le département du Mono et puis les présidentielles du 5 mars 2006. Bonne lecture!
Visite du village d'Agbotagon.
Zacharie est natif du village d'Agbotagon, dans le Nord du pays, en plein coeur du département de l'Atlantique. Il y est si attaché qu'il l'habite encore, avec sa femme et ses deux enfants. Or le trajet de taxi coûte passablement cher pour son maigre salaire, il ne peut donc y retourner que la fin de semaine ou lors des occasions spéciales... comme celle où il m'a invité à passer une journée à découvrir ce charmant petit village traditionnel et ses allentours. Après un voyage en taxi-brousse-sardine nous sommes largés au bord de la route. Les constructions de terre rouge et rudimentaires saisissent. Dans chacune on retrouve une famille et une myriade de petits enfants à demi-nus. Il me présente à sa femme, qui est assise par terre, couverte d'un drap, adossée au cadrage de la porte. "Elle est indisposée, elle n'est pas au champs aujourd'hui". Sa femme est malade, elle est faible et a besoin de service médicaux mais ils n'en ont pas les moyens. Quelques minutes plus tard, le fils aîné revient de l'école beaucoup plus tôt qu'à la normale: le professeur ne s'est pas présenté ce matin, on ne sait pas pourquoi. Le directeur a donné l'ordre aux enfants de rentrer.L'école mise en place par les moyens du bord et surtout provenant de l'homme influent du village, M. Agbota, mon directeur au CAP&ONG. Le professeur est entrain de donner un cours et les élèves sont tous attentionnés jusqu'à ce que j'arrive (un yovo!). Le professeur est en même temps le directeur de l'école. Il montre les conditions dans lesquelles il travaille et ceux des enfants: pas assez de chaises ni de pupitre pour travailler et apprendre convenablement. Le toit n'est pas pleinement achevé et la saison des pluies qui viendra bientôt. Je dénombre une trentaine d'enfants, étonnamment attentifs et très disciplinés... mais ils dévisagent le yovo, épiant ses moindres gestes.

On se rend à une ferme où se cultivent les agrumes: oranges, tangelos, tangerines, clémentines et citrons. On retrouve également les ananas, la papaye, l'avocat et le manioc. Dans un autre secteur on retrouve les palmiers qui servent à produire l'huile rouge à partir des fruits du palmier et le vin de palme... et évidemment le sodabi. Récemment il tente un reboisement commercial du tek, un bois de qualité très prisé. Dans une autre section on retrouve l'élevage de l'escargot et des chèvres. Le tout couvre une superficie de 60 hectares sur les 240 disponibles, sis dans une quasi-vallée magnifique où on a la vue sur le département de l'Atlantique.
Visite dans le Mono: Posotomè et Grand-Popo.
La bouteille d'eau Possotomè est embouteillée dans la ville qui porte le même nom. Une source thermale qui jaillit en continu, délicieuse à boire et qui fait le bonheur et la qualité de vie des gens du village. On voit ici et là le logo bleu de l'embouteilleur peint sur les murs, une société d'état qui a été privatisé depuis déjà longtemps.
Après un peu plus d'une heure de voyagement, nous parvenons à une route de brousse, cahoteuse, qui mène au pays de l'eau bleue Possotomè. Sur place, on a une excellente vue sur le lac Akémé, 2e plus grand après le lac Nokoué, où baigne la ville de Cotonou. Le site enchanteur nous laisse découvrir une grande place avec une fontaine où coule naturellement la source.Brigitte et Sabine avaient concocté une bonne bouffe que l'on déguste dans l'arrière cours d'une buvette, une cousine d'un participant du groupe. Après ce délicieux repas, on quitte pour Grand-Popo, lieu retiré et tranquille, qui n'a que des plages à offrir à ses visiteurs. Le repos et la baignade sont très bon, malgré les fortes vagues qui s'échouent sur la berge. On joue, on se détend, on prend une bière ou une sucrerie et on mange. Tous sont heureux, les enfants en sont au comble.

Les présidentielles du 5 mars 2006
Je savais depuis avant de partir qu'il y aurait des élections dans le Bénin vers la fin du stage. Les gens du service, les médias, les embassades, autorités du pays en parlaient de plus en plus. J'ai suivi avec intérêt le déroulement, les informations sur les incidents tout au long du processus. Enfin, le grand jour était arrivé pour les Béninoises et Béninois, ce dimanche 5 mars. Déjà avant que cela ne prenne de l'ampleur j'étais intéressé à vouloir m'introduire dans le système et le voir fonctionner. Lorsque l'appel pour participer à une mission d'observation s'est présentée, je n'ai aucunement hésité.
C'est donc avec une ONG appellée GERDDES Afrique que j'ai eu la chance d'aller voir de près le déroulement de l'élection au premier tour du futur président de la République.La tâche n'était pas mince: visiter 15 sites de vote au cours de la journée des 9h dont disposent les électeurs pour exprimer leur suffrage.
Stéphane et moi nous sommes partis de la maison à 5h45 du matin pour être sur le lieu de rencontre des observateurs dès 6h... or, décalage africain oblige, nous sommes arrivés trop tôt! Nous avons attendu un peu avant que la machine se mette en place. De toute façon, trop peu de bureau de vote ont réellement débuté leurs activités à l'heure prévue de 7h00.
Généralement, le poste de vote est limité à moins de 300 électeurs: l'urne ne pouvant contenir plus. Le buletin de vote unique présente la photo en couleur ainsi que le logo de chacun des 26 aspirants... le buletin est de la taille d'une page 11x17! À l'aide du tampon encré, l'électeur "tamponne" son candidat de choix avant de plier en 24 son buletin pour le faire entrer dans l'urne, un gros tupperware transparent... ca coûte pas des milions et c'est durable.
En tant qu'observateur, j'ai eu la chance de voir de très près le processus. Le directeur d'un poste de vote et les électeurs apprécient et se sentent rassurés de voir les observateurs arriver (même s'ils sont en fait dépourvu de pouvoir). Grâce à ce statut, j'ai eu accès, sans conteste, au moindre racoin du bureau de vote, aux papiers officiels, etc. Ce, à tout moment du déroulement du vote.
Lors de cette expérience, j'ai bien constaté et réellement senti comment les Béninoise et Béninois avaient hâte d'exprimer leur droit de vote. Même si le processus n'est pas parfait, ils tiennent au processus, ils prennent cette responsabilité à coeur, ils veillent à ce qu'il n'y ait pas de faille, falcification, ou contre-façon dans le système. Le taux de participation est très élevé (plus de 90%)... j'ai senti à ce moment-là qu'ils comptent vraiement sur le changement de garde à la présidence. Ils ne veulent plus de Kérékou, c'est clair. Ils ont l'espoir de voir leur sort sépanouir.

Lors du dépouillement, on sentait la fébrilité des gens. Chaque compte pour Yayi Boni posait un sourire dans le coeur de ces braves gens. À la fin d'un dépouillement, c'était l'expression de la joie et les applaudissements. J'ai visité trois lieux de dépouillement, dans trois coin de la ville de Cotonou et les résultats indiquent la tendance: Yayi Boni marque une belle avance.
Lundi matin, j'ai vérifié un à un le pouce gauche des gens du service pour vérifier s'ils étaient allés voter. J'ai noté que tous avaient exercé leur droit civique. Je les ais donc félicités et souhaité le meilleur pour leur pays... vous auriez dû voir leur réaction... ils étaient tous souriants et se sont applaudis! Émouvant!
Portez-vous bien et à très bientôt!
Edabo!

2 Comments:
J'ai bien ri quand j'ai vu mon nom....y'a pas de problème on pourra s'organiser une présentation au groupe ici au 20ième dans la grande salle. Bien heureuse d'apprendre ton retour bientôt parmis nous. J'espère que tu te souviens de GForge et de SAP, car pas grand chose de changé ici.
Hum, Debbie, j'avais oublié jusqu'ici SAP et GForge... André a été très clair pour le retour: pas d'extension... snif!
A très bientôt!!!
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