lundi, janvier 23, 2006

Dantokpa et famille Béninoise

Bonjour à vous tous,

En ce dimanche matin, je recherche le sujet sur lequel je vais vous entretenir pour cette semaine. Il y a en effet beaucoup de sujets dont j'aimerais vous partager, je crois que je vais plutôt vous présenter un petit condensé de ce qui s'est passé. La semaine a été chargée: autant je devais me reposer pour soigner le petit "palu" dont j'ai été affligé, autant je devais faire avancer mon projet, profiter du temps et des activités, puis il y a eu réunion chez Oxfam.

D'abord, dans le but de vous rassurer, au niveau du palu, tout est rentré dans l'ordre, je reprend alors à plein mes activités. Un palu soigné à temps n'est pas problématique selon la littérature et le médecin. J'ai donc profité d'une journée de congé forcé et recommandé par le médecin, lundi dernier pour aller marchander des tissus et "pagnes" pour faire coudre un peu de linge, question de diversifier ma garde-robe et me convertir à la mode africaine... et faire rouler l'économie locale.

C'est donc avec une certaine fébrilité que je suis allé me promener en bonne compagnie (surtout rassurante) au marché Dantokpa pour les tissus et pagnes. C'était la première fois que j'allais à ce grand marché. C'est très bien apprécié de se faire accompagner par une personne locale, ça me permet de déambuler dans les sillages étroits et profonds du grand dédale du marché sans me faire accrocher de partout ou faire interpeller sans cesse "Yovo, ici, viens voir!". Fait à noter: le marché Danktopa est le plus grand marché public de toute l'Afrique de l'Ouest. Le marché Dantokpa porte son nom depuis le fétiche qui protège le marché, le "Dan". Des vendeurs et vendeuses de tout acabis et des produits de tout origine, on y trouve de tout, à répétition surtout! Les tissus et pagnes sont très abondants, de même que les garnitures brodées et tout pour la confection de vêtement. Les couleurs et motifs sont riches, abondants et variés. Si on ne trouve pas quelque chose à son goût dans ce marché, on a un problème! À un certain moment, il fallait que je me décide, mon point faible... "ce tissus serait bien"... "non, je préfère celui-là"... "euh, j'peux pas choisir entre ces 2... ca va me prendre les 2!". Mon amie Bénédicte me fournissait quelques suggestions mais surtout m'accompagnait chez ses amies revendeuses, les contacts servent bien dans ce cas. Pour la négociation, j'ai pas eu beaucoup à faire, Bénédicte s'occupait de cet aspect car c'est surtout en langue fon que l'on négocie... puis il y a l'expérience et la culture de l'art de la négociation. Un gros point fort, traduction incluse.

Il y a tant d'attraits pour les yeux et les sens, tant de petits kiosques (souvent de fortune) et avec les gens qui circulent, il m'est encore difficile de bien décrire les lieux et cette expérience. Des petits chemins tortueux à travers le marché, les entrées et sortie, les repères ne sont pas évidents. Il y a de quoi se perdre sur moins de 50 pieds de distance, si on ne remarque pas moindrement où l'on va. Je considère avoir un certain sens de l'orientation chez moi, mais là, le niveau de difficulté est plus qu'un défi!

J'ai finalement trouvé de beaux tissus et pagnes. Les pagnes seront transformés par Bénédicte en chemises, boumbha, jupe et robes (pour ma belle et heureuse Chantal).

(photo boumbha)

Mardi dernier, je suis allé avec Stéphane chez Bénédicte, qui nous avait invité à déjeuner (correpond au dîner pour ,le Qc) et à cette occasion, elle m'a remis les deux chemises que j'avais commandé. Wow! quelle rapidité et quelle qualité! Dès que j'ai pu les laver une première fois, je les ais portés et les gens de mon bureau, dans la rue ou au marché m'abordaient en disant que j'avais une belle chemise... ca a l'air que yovo dans une tenue traditionnelle , ca "flashe"?

À la suite d'une conversation avec un ami du service, David, nous convenons de nous rencontrer samedi matin pour qu'il me fasse découvrir les environs de chez-lui ains qu'aller au marché Dantokpa. David habite un quartier au nord-est de Cotonou, Gdédjomèdé (faites-vous en pas pour la prononciation, il existe plus compliqué, malgré que celui-ci ne donne pas sa place). Il m'a amené à sa maison, où il vit avec sa famille immédiate (père, mère, soeur), sa fille et sa femme (qui attend un enfant bientôt). La pièce où il habite mesure à peine une grande cuisine où on retrouve une chambre et un salon commun. À l'entrée de la maison on retrouve un petit présentoir où sont étalés quelques consommables et nourritures que sa mère vend.

Puis nous sommes partis découvrir le secteur et me présenter à quelques-uns de ses amis ainsi que l'entourage avant de prendre un zem (taxi-moto) pour se rendre au grand marché Dantokpa. Ce grand marché. C'est alors que j'ai visité la section de produits du marché: fruits, légumes, viandes, volailles, poissons, consommables, etc. Il y a des dizaines de présentoirs, à répétition et disposés tous différemments.

Après avoir déambulé pendant plus de 2 heures dans le marché, j'étais fatigué et je devais rentrer afin de retrouver Stéphane pour aller à nouveau rencontrer Bénédicte et faire les empelettes au marché pour le dîner de dimanche où nous sommes invités à préparer de l'igname pilé... notre mets préféré. Encore une occasion de prendre des photos, de découvrir les produits locaux et ceux qui compose la gastronomie africaine. De là, ce soir-là, j'étais vraiment épuisé. Je suis allé avec Stéphane souper au végétarien dans le quartier Védoko, à 10 ou 15 minutes de marche de la maison de Houéhiyo. Comme nous avions avisé à l'avance le tenancier, il a pu nous préparer une vraie bonne bouffe. C'es un jeune cuisinier africain qui a voyagé un peu dans l'Afrique de l'Ouest et qui pratique le végétarisme. Il a appris à préparer des mets simples qu'il nous offre: le glutten, surtout.


Puis dimanche, Stéphane et moi avons été reçu chez Bénédicte pour le dîner, surtout pour apprendre à préparer un met africain: un ragoût de boeuf et fromage dans une sauce aux arachides, accompagné d'igname pilé. Le but était aussi d'expérimenter la préparation d'igname pilé... tout un sport! La scène s'est mise en place au moment où on était en retard... on se l'est fait noter (mais pas gronder), à notre étonnement car l'heure africaine des fois, ca peut varier. Décidément j'ai bien peur que les locaux commencent à dire que ce sont les expatriés qui prennent du retard, et non les locaux. Je commence à reconnaître, de façon générale, qu'ils sont à l'heure et bien à leurs affaires. Alors, pas de perte de temps, nous commençons la préparation par la sauce aux arachides, suivi de la préparation de l'igname... on le pilera lorsqu'il aura cuit à la vapeur dans la marmite. Je dois donner quelques détails intéressants: avis à ceux qui aiment le vrai BBQ: tout est cuit sur charbon de bois... le gaz est trop onéreux et les cuisinières électriques sont inexistantes, dans un pays où la stabilité du réseau électrique est un problème et les coupures ou délestages fréquents. La tension électrique est normalement du 220v, le régulateur que j'ai à la maison indique souvent 200v et parfois 180v quand ce n'est pas du 240v... et on ne parle pas encore de la qualité de l'onde électrique.
Bref, on cuisine, tout va bien. Le cousin de Bénédicte, le champion qui sait bien préparer l'igname pilé entre en jeu et commence à nous montrer les rudiments: on pile d'abord pour écraser et mâcher le tubercule bouillant. On ajoute de l'eau graduellement pour obtenir une pâte molle et de plus en plus lisse, jusqu'à consistance désirée, légèrement élastique. Dès lors, on peu servir. Tout au long du processus de préparation du repas, nous prenons quelques photos. Nous attendions celle où on se met à la tâche de tenter de piler l'igname: ouf! déjà le pilon doit peser un 2 ou 3 kilos, le soulever pour le laisser retomber dans le creuset en y ajoutant une impulsion pour marteler l'igname. Dès là il faut forcer pour décoler l'igname qui retient le pilon dans la pâte et replonger... c'est pas long que l'on a chaud, l'eau s'égoute sur le corps et on est essouflé... ce sera long et on le méritera notre repas! Une chance que j'avais négocié un bon coup d'aide avec son cousin! Le rituel veut que l'on serve les ainés en premier, puis les plus jeunes par la suite. J'avais l'impression qu'il se trouvait beaucoup de monde dans la place... mais il y en avait pour tous, sans problème. Nous avons donc mangé en même temps que Bénédicte, qui a du servir les plats de tous qui se trouvaient dans les lieux, les enfants y compris.

(le pileur d'igname yovo)

Comme Bénédicte m'a fait découvrir comment préparer le jus de "bisap" et que l'on a tout acheté le nécessaire au marché Dantokpa la veille, j'ai apporté une bouteille pour offrir à tous un bon nectar de bisap et ainsi démontrer mes talents culinaires... un succès! Cependant ils l'ont trouvé assez concentré, mais pas de problème, un peu dilué dans l'eau et il est délicieux. Le bisap est préparé à partir d'une fleur séchée de couleur mauve que l'on retrouve en abondance dans les marchés (maintenant que je reconnais cette fleur) et que l'on fait infuser dans une marmite pour environ 15 minutes. Il enressort un jus rouge vif, s'apparentant à du jus de raisin (le fameux Welch). On filtre le tout, on y ajoute un peu de sucre au goût et de l'extrait d'essence d'un fruit (fraise, banane, ananas, etc)... petit délice! La famille était bien contente et épatée de voir un yovo préparer et leur présenter un produit local! C'est donc après une petite séance de photos que nous sommes repartis se reposer et raconter le tout... sûrement que l'on reviendra voir cette accueillante et attachante famille. Il y a encore à voir et à faire, ils pourraient nous révéler bien des secrets et faire découvrir à travers Cotonou.


(Yan, Audace, Bénédicte et Steph)

La semaine qui vient sera bien chargée: formation de deux jours avec Oxfam et une journée visite de Songhaï, à Porto-Novo. Ca fait deux fois que je passe à Songhaï et que je n'ai pas pris le temps de faire une visite... ce sera l'occasion de vous décrire plus en détails ce qui s'y passe et ce que l'on fait. Ce sera très enrichissant.

Avec Stéphane nous avons jeté un regard rapide sur le calendrier des fins de smaines qui viendront... ouf! Il est reste moins qu'il y en avait et il nous semble que nous voulons faire de plus en plus. Le réseau de contact s'élargissant on a beaucoup d'opportunités... et le travail dans tout ça??

Je vous en repale!! À très bientôt!

2 Comments:

At 23/1/06 21:01, Anonymous Anonyme said...

Bonjour, Que d`aventures intéressantes tu as, tu goute à la médecine du pays dans tous les sens du mot et ça te donne des maux dans tous les sens du tu sais quoi !!

Palu tu dit que t`as eu ,, Moi je n`avait pa lus tes péripéties qu`il y eu depuis un petit bout.

Mes excuses, je vais essayer de mieux suivre. Très intéressant pourtant, mais que veut-tu.

Il y a les élections ce soir pour élire un autre clown. Mais bon.

Comment avance vôtre projet ?

Aux prochaines nouvelles

1-800-jack

 
At 26/1/06 15:03, Blogger Yanick Heynemand said...

Ok, je crois deviner... Jack! Dit toé que t'es mieux de suivre les aventuree à l'avenir pcq sinon tu verras pas ta monnaie Africaine que j'ai trouvé pour toé... T'as voté du bon bord, au moins!
A propos du palu, je me suis apercu ce midi que j'ai oublié de prendre ma pelule à matin... (#*%&@)

 

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