lundi, février 27, 2006

Retour à Sô-Tchanhoué (et autre)

Bonjour à vous tous, chers lecteurs,

J'espère que vous allez bien et que l'hiver ne vous abîme pas trop. Profitez-en bien en mon nom pendant que ca passe, comme je l'ai déjà dit, l'hiver me manque et je l'aurai pas mal manqué cette fois-ci. Dans un autre ordre d'idée, je vous ferai un petit retour sur la semaine et les activités.

J'ai ouvert la page du calendrier cette semaine afin de planifier une activité qui devrait se dérouler la fin de semaine... oups! Il n'y a déjà plus de fin de semaine de libre, pendant ma présence au Bénin! Aïe! C'est ici que je le réalise. Déjà donc le temps des conclusions, des rapports, de converger le travail et refermer les dossiers, préparer la docum, etc. En ce qui concerne le blog, j'ai encore des sujets à vous exposer mais je crois que ca remplirait la page et rendrait difficile la lecture. Alors je vous en fait un petit condensé...

Mais avant, très important. J'aimerais savoir... je prépare une conférence qui sera donnée le samedi 25 mars prochain à Joliette ainsi qu'une autre dans mon milieu de travail, chez Connexim. Puis autres selon la demande. Afin de bien me préparer et apporter des réponses, des explications, des données sur le Bénin ou mon expérience en tant que stagiaire-coopérant, j'aimerais savoir quelles sont les questions qui vous viennent en tête ou quels sont les sujets que vous aimeriez voir abordés lors de cette conférence?? Donnez-moi quelques exemples de quoi vous aimeriez entendre parler sur l'Afrique Noire, le Bénin.

Allez, bonne semaine...


Retour à Sô-Tchanhoué, le village sur pilotis

Depuis mon arrivée au Bénin que traînaient dans mon placard des médicaments pour enfants donnés par le CLSC de Joliette où travaillait ma mère. Initialement c'est Nicole qui a reçu tout ça pour les distribuer au Honduras. Or, en novembre dernier, avant le départ, il restait encore un peu de place dans mes bagages et j'ai les ais donc bourrés d'un peu de ce que j'ai pu identifier de bon en pensant faire une bonne oeuvre dans une communauté au Bénin. En faisant quelques contacts mais surtout en réalisant qu'il ne restait plus grand temps avant la fin du stage, il me devait d'agir. Enfin, l'occasion s'est présentée où Richard, un coopérant d'Oxfam-Québec auprès de BC-ONG, a eu la gentillesse et obtenu contact de dénicher un hôpital de brousse, reculé et dans le besoin, afin de livrer lesdits médicaments. C'est donc à Sô-Tchanhoué, une charmante petite commune sur pilotis, où je suis allé rencontrer Romain, l'homme de la maison qui héberge une stagiaire du club 2/3, Carla. Romain a eu l'immense gentillesse de me faire visiter sa petite commune. Nous sommes allés jusqu'à visiter le centre hospitalier, à quelques pas de sa maison. Les services de consultation sont ouvert seulement la semaine, de même pour la pharmacie, qui recoit régulièrement de l'aide extérieure pour garnir ses petites tablettes. On nous a amené au bloc de la maternité où on a montré trois récents nouveaux-nés et leur mère, s'y reposant... sieste oblige et dans une ambiance de chaleur difficilement supportable. Enfin, j'ai rencontré le médecin de garde, au bloc des urgences. Après avoir expliqué la raison de la visite, il m'a chaleureusement accueilli et serré la main en me remerciant du geste. Ceci est très apprécié de faire cet effort, qui peut importe la quantité, contribue à maintenir les activités du centre et à prodiguer des bons soins à la population locale. Alors voilà, maman Nicole, message retransmi et mission accomplie!

Le projet 500$

Le titre de "projet 500$" est donné suivant l'activité de collecte de fond qui devait être complétée lors des activités de préparation au stage. Un minimum de 500$ devait être collecté et remis à Oxfam-Québec afin de soutenir les activités chez le partenaire, selon ce que j'avais compris des renseignements donnés dans les divers documents de collecte de fond et du programme. Or, une fois rendu sur le terrain, j'apprend qu'il s'agit d'un fond amassé où chaque stagiaire aura à gérer sous forme de mini-projet. Wow! Beau projet! Le but du projet consiste à identifier avec le partenaire auquel nous sommes jumelés des besoins visant à améliorer son fonctionnement et efficacité en matière de technologie de l'information. La notion de développement durable était le critère cadre du projet. Ceci signifie qu'acheter une cartouche d'encre ou du papier (des consommables) n'est pas du développement durable. Par contre, augmenter la mémoir vive d'un PC pour en faire un serveur ou en améliorer sa rapidité de traitement, installer un réseau local, etc, sont de bons exemples.

Dans le cadre de mon travail auprès du CPA&ONG, j'ai identifié ce qui suit: puisque le développement que je poursuis concerne le développement d'un système de base de données servi par le réseau, il serait bon de bien contrôler le réseau, les accès et de limiter la propagation des virus et vers informatiques. Donc première intervention fût de mettre en place un système anti-virus à jour ainsi que de faire le ménage de chacun des postes. Ensuite, activer la mise-à-jour du système Windows XP pro, pour colmater le plus possible les brèches de sécurité du système et ainsi éviter les intrusions. Dans un 3e temps, mettre en place un routeur internet qui servira à limiter les intrusions et qui démarquera la ligne entre le réseau local et l'internet. Enfin, un PC sera rehaussé pour devenir un serveur de la base de données ainsi que fournir l'application servant à utiliser la base de données. Le rehaussement concerne la mise en place d'un régulateur de tension ainsi qu'un onduleur (unité ininterruptible de tension) plus puissant pouvant mieux résister aux sauts de variation de l'alimentation électrique du pays et soutenir plus efficacement un poste de type serveur. Une clef USB de grande capacité sera par ailleurs utilisée pour sauvegarder les copies de sûreté des enregistrement de la base de données ainsi que divers logiciels et applications, en cas de défaillance du système désigné serveur.

Le tout aura consommé un peu moins de 95% du budget des 1300$ amassés et rendus disponibles pour le projet.

Miles Mercis à tous ceux qui ont participé à cette collecte de fond, je vous ai promis un retour sur les résultats, en voici les réalisations.


Mon mandat de travail

Mon mandat d’initiation à la coopération consiste à élaborer pour un organisme ministériel, le Centre de Promotion des Associations et ONG (le CPA&ONG), un système de base de données lui permettant de répertorier l’ensemble des organismes d’entraide Béninoises, tant au niveau de leur définition, mission et historique que de leurs activités. Ce système permettra de répertorier, d’évaluer et de suivre les activites des organismes dans le but d’harmoniser leurs actions et, lorsque possible, y apporter l’aide d’appoint requise. Cette base de données aura un important reflet national puisqu’elle sera la référence pour l’ensemble de la fonction ministérielle en plus être accessible à la population et les partenaires du développement via le réseau internet.

On estime à plus de 3000 le nombre d’organismes d’entraide au Bénin, que l’on appelle Organisme Non-Gouvernementale (ONG) ou Association de Développement (AD). Ce sont d’importants générateurs d’activité, l’équivalent des PME du Québec (souvent version bénévolat). L’entraide, la coopération locale et l’esprit collectif sont des valeurs très présentes dans la société Béninoise. Les gens se donnent beaucoup et sans compter pour se réaliser et faire progresser la situation qui subsiste : VIH/SIDA, violence, pauvreté, situation de la femme, des enfants, des handicapés et de la jeunesse, etc.

Le Centre de Promotion des Associations et ONG (CPA&ONG) est un office public à caractère social et scientifique créé par décret en novembre 1999. Elle est en charge de l’opérationnalisation de la politique de l’État en matière de gestion des rapports du Gouvernement avec la Société Civile, les ONG et Associations en particuliers.



Voilà. Au plaisir de vous entendre, n'oubliez pas de faire des commentaires, très appréciés.

Bonne semaine, à très bientôt!

lundi, février 20, 2006

Bénin à l'heure des présidentielles

Bonjour à vous tous,

J'espère que vous allez bien et que l'hiver se passe bien chez vous. Pur cette semaine, j'ai choisi de vous parler d'un sujet chaud (dans tous les sens du terme) et qui est très actif dans la population Béninoise: les présidentielles de mars 2006.

Le Canada a tout récemment terminé son processus électoral, que j'ai suivi de loin... imaginez pourquoi. J'ai fait quelques lectures et parfois une écoute de la radio pour me tenir au courant des développements. C'est déjà terminé dans ma patrie tandis qu'ici au Bénin, le processus d'élection d'un nouveau président prend de l'ampleur et bat maintenant son plein. En effet, le déroulement du premier tour est prévu pour le 5 mars 2006. L'organisation ne se déroule toutefois pas sans accroc. Le président actuel, Mathieu Kérékou, tente de trouver moyen d'étirer son mandat (jusqu'en 2008, date des générales), ce qui crée beaucoup d'opposition de la part de la population. Échauder la population, étrangler le financement du système électoral, mettre des embûches dans la mise en place du système électoral, recourir à l'article 68 de la constitution (si ça brasse trop, on reporte), créer des irrégularités (vol de carte d'électeur, achat de cartes), etc, sont des exemples de moyens mis en place pour appuyer un report.

Kérékou est en poste (démocratiquement) au Bénin depuis 1996 et réélu en 2001 pour un second mandat. Techniquement Kérékou ne peut solliciter un troisième mandat d'autant plus qu'il a passé l'âge limite autorisé par la constitution (70 ans) pour accéder au poste de président de la République. Par ailleurs, Kérékou est au premier plan de la République par un coup d'état depuis 1972. Son rival, Nicéphore Soglo a présidé la république entre 1991 et 1996. Soglo a fait beaucoup, d'abord en rejetant le système Marxiste qu'avait infructueusement mis en place Kérékou. Cette courte période avait permi au Bénin de prendre enfin un envol, mais aujourd'hui plus écrasé que jamais avec la mauvaise continuité de Kérékou.



Quelques coupures de journal:

"En 2006, l'heure de la retraite ayant sonné et ni l'un ni l'autre ne pourra plus briguer le fauteuil présidentiel. C'est donc dire comment la lutte et l'espoir pour un renouveau est très vive.
Lorsque l'on consulte les médias, on apprend qu'il y a une liste de 26 candidats (dont deux femmes) sur la liste (il en avait initialement 33). Dès le 12 février les buletins de vote seront imprimés finaux avec le nom, la photo et le logo du parti qu'ils appuient."

(15 février 2006 - www.laraignee.org) - "Dès lors, ils leur appartiendra, compte tenu de leur position sur le document, de s'ingénier à bien sensibiliser les populations. Car, si pour les gens d'un certain niveau intellectuel aucun problème ne se pose, il n'en va pas de même pour nos compatriotes analphabètes chroniques qui pourraient avoir des difficultés ou manquer de patience pour retrouver leur candidat au sein de la pléthore de photos qui leur sera proposée." - Willéandre HOUNGBEDJI, chroniqueur.

(17 février 2006 - www.laraignee.org) - Le président de la CENA, Sylvain Nouwatin a procédé à l’ouverte officielle de la campagne électorale, dans le cadre du scrutin présidentiel du 05 mars prochain. Pendant deux semaines donc à compter de ce jour et jusqu’au 03 mars, les candidats pourront légalement et légitimement aller à la rencontre des populations pour leur expliquer leurs projets de société et solliciter leurs suffrages.
[...] En tout 3.941.523 électeurs ont été inscrits sur les listes électorales.

Mon candidat de choix:
(17 février 2006 - www.laraignee.org) - "Appui a Yayi Boni fusent de toute part - [...] ce n’est plus un secret pour personne que le peuple béninois, au regard des multiples expériences fâcheuses qui sont les siennes pour avoir longtemps pratiqué les traditionnels hommes politiques au sommet de l’Etat, aspire aujourd’hui à un profond changement. Et celui qui peut incarner ce changement, poursuit-il, c’est le Dr Yayi Boni réclamé avec insistance dans les rues, les marchés, les services, les ateliers, les champs et sous les arbres à palabres. « C’est un homme neuf, un homme jeune, un homme propre un homme d’humilité et de grande probité ayant fondamentalement la crainte de Dieu », a-t-il indiqué. Selon Nazaire Dossa le Dr Yayi Boni est le prototype du futur président de la République du Bénin, vu ses qualités exceptionnelles à ouvrir le Bénin sur le monde surtout aux plans économique, financier, commercial et diplomatique."


Le Bénin a maintenant besoin d'un bon président qui les aidera à se sortir des sérieux problèmes économiques, sociaux et politiques actuels. La corruption est au premier plan des problèmes à régler. Souhaitons bonne chance au Bénin!

Allez, à bientôt!

lundi, février 13, 2006

Première de février en condensé...

Bonjour à vous tous,

Ouf! Grosse semaine, beaucoup d'activités. Je vous en présente un condensé des plus pertinents, je suis resté incapable de vous décrire dans tous les détails tout ce qui s'est passé, il me faudrait augmenter la capacité du disque dur (ma mémoire et celle de l'ordinateur, instrument de travail inestimable dans ce cas-ci).

-Soirée diaporama hommage à Daagbo: Bruno Jouan présente pendant une heure son diaporama: "Huit jours de la vie du Daagbo Houno Houna". Diapositives commentées sur le chef suprême des Vodouns. Suivi d'une séance de question sur son expérience et le Vodoun.
Bruno a été initié au Vodoun il y a quelques temps, une consécration qui a duré 8 mois dans un couvent. Ce qu'il pense du Vodoun est que c'est une religion propre, avec son culte, son rituel, ses croyances, ses fétiches, etc. Il croit que cette religion devrait être revalorisée: elle a trop longtemps été mal menée et associée à la sorcellerie. Tout au contraire, elle peut engendrer beaucoup de bien pour les humains et devrait plutôt être mise à profit. Son diaporama est consacré en grande partie à un rituel de la préparation en vue du retour de Daagbo, grand chef suprême, vers la mer, son élement. Approche très touchante d'un contact personel avec un chef suprême. Les photos sont riches en couleur, présentant plusieurs scènes du dernier rituel Vodoun de Daagbo. S'en est suivi une série d'échanges et de questions sur son expérience Vodoun... on a pas pu tout savoir. Quelques révélations ont toutefois été très surprenantes.

-Soirée spectacle Lionel Gilles Louèké au CCF: guitariste Jazz qui présente son dernier album solo "In a trance". Imagines un peu: un spectacle en plein air, au clair de la lune, une légère brise vient rafraîchir le corps qui a chaud, une enceinte amphithéâtrale, une vraie scène, des yovos en majorité (le prix d'entrée était de 2000FCFA = 4,50$CDN, pas accessible à tous), une musique de qualité, une accoustique de qualité, des artistes invités, talentueux et sympathiques, une ambiance éclatante... Wow! c'était à m'y méprendre avec ma visite de l'été dernier au FIJM.

-Visite ONG dans l'Ouémé: MOBOVOME (Mouvement des Bonnes Volonte et du Mieux-Être). Il y a déjà quelques temps où Brigitte, une collègue de travail au CPA&ONG voulait me faire visiter son coin d'origine, le Ouémé. Cette province située à l'Est du Bénin et qui comprend entre autre la capitale, Porto-Novo. Brigitte y est encore bien attachée car elle s'emploie à tenir la comptabilité de MOBOVOME, une ONG située à l'Est de Porto-Novo, sur la route en allant vers le Nigéria.

(petite et longue parenthèse de ce qui m'a frappé sur cette route)
Les transporteurs d'essence qui transigent du Nigéria vers le Bénin sont nombreux, en plus de prendre beaucoup de risques. Je vous ai déjà parlé de ces véhicules à trois roues que l'on nomme les "cargas" et qui peuvent transporter un peu plus de 200 litres d'essence... eh bien, il y a aussi ces hommes en moto qui transportent jusqu'à six bidons de 50 litres d'essence. C'est alarmant comme situation. Eh bien sûr, on en voit plusieurs passer sur la route qui passe par Tchaada, entre la frontière Nigéria et Porto-Novo. À chaque fois, j'ai envie de me sauver à toute jambe. D'ailleur, une coopérante au bureau d'Oxfam-Québec au Bénin a déniché un film documentaire intitulé "Ces bombes à 3 roues", réalisé localement au Bénin par Tokpa Film en 2002 et qui décrie la situation. En voici le résumé:
"Résumé : Au Bénin, des handicapés moteurs ont le monopole du trafic d'essence en provenance du Nigéria. Ils utilisent des drôles d'engin, des "cargas", motos à trois roues qui sont de véritables bombes roulantes. Très souvent, l'aventure se termine en drame..." - je vous en reparlerai.

Pour en revenir à MOBOVOME, à notre arrivée le président, secrétaire et autres bénévoles nous ont fait visité les lieux administratifs, très modestes: un ordinateur, 4 chaines, une table et des papiers... Aussitôt fait les présentations, on part en zem vers les cultures, plus loin dans la brousse. Des grands jardins où l'ONG fait la promotion de l'enseignement des techniques agricoles et d'élevage en plus de faire une production permettant à l'organisation de subvenir à ses besoins et de développer les projets. Complètement autonome, l'ONG fait l'élevage du poisson, lapin et de l'agouti (sorte de gros rongeur, ressemblant au siffleux mais de la taille d'un gros lapin). L'ONG est actuellement entrain de mettre en place une porcherie pour diversifier son rayon de compétence. Les jardins sont très intéressants et plusieurs femmes y travaillent tandis que d'autres vont vendre les produits au marché. Le site demeure de dimension modeste pour cause de restriction territoriales. Elle ne demanderait pas mieux de se développer davantage mais elle doit respecter sa vocation de maison d'enseignement en agriculture. Les paysants avoisinants bénéficieront plutôt de l'expertise et de leurs enseignements. Puis après une bonne visite, nous avons goûté aux divers produits de cette terre: lapin, agouti, légumes, etc. Délicieux! Après quoi il était déjà temps de partir car les taxis de brousse en direction de Cotonou sont souvent pleins ou ne font pas cette liaison. On attend donc sur le bord de la route une trentaine de minute...

-Une crème à glace avec ca? Une fois revenu de l'Ouémé, où j'ai vraiment eu chaud, une idée rafraîchissante était bien souhaitée. Puisque le prochain item sur le programme était dans le coin de Cadjéhoun où il y a le "palais des glaces" (la coordonnatrice d'Oxfam (Suzie) nous avait bien dit d'y aller au cas où on ressentirait un gros choc culturel par rapport à la chaleur). Elle avait bien raison: on change complètement d'air en entrant dans ce sancturaire du froid: l'air clim., la déco, la salle à manger, le comptoir des glaces, le choix, etc. Wow, on est pour un instant transporté, retourné chez soi, dans un été normal. On restera pas trop longtemps, ça donne le blues. Mais mosus que la coupe glacée était bonne!! Hmmm!!

-LDH: Dans le même programme de la journée il y avait rencontre avec le président de la LDH lors d'un dîner-causerie (lire le souper) sur la situation du Bénin. Si une telle ONG existe ici, c'est que la problématique est bien trop réelle. L'action de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) se consacre à 3 volets: sensibilisation, intervention et prévention. Il faut être plus que convaincu pour s'ateler à cette tâche. Me Julien travaille pour son cabinet privé en plus de s'occuper de l'ONG et à défendre les causes en la matière. Il y a tant de travail que le volet sensibilisation est très délaissé, ce qui est malheureux. Vous savez, la population s'accorde encore aujourd'hui le droit de juger sur-le-champ un crime ou une situation de méfait. Le jugement est sans issue, on peut brûler vif et sur place le fautif... et bien souvent à tord! Bien qu'interdit par la loi, le pouvoir de l'appliquer manque d'effectif... et de formation ou d'honnêteté.
Enfin nous avons abordé avec lui la question des présidentielles qui sont bien parties. Il nous expliqué les enjeux, les pouvoirs, qui influence qui pour le compte de qui. Très complexe comme situation. Sans nous le dire directement, nous en avons tiré nos conclusions, par très roses...

-Une petite fête à la villa des coopérants francais, sur le bord de la mer... histoire de bien terminer la journée. Somptueuse villa, un peut trop pour les stagiaires que nous sommes (les Québécois). J'ai l'impression que ca conserve trop fort l'énorme différence de statut entre les deux cultures... que ca éloigne la possibilité de se rapprocher de la population et ainsi de mieux les connaîtres.


-Dimanche: un petit tour au marché pour préparer la semaine et aussi pour bouger un peu. Préparation d'écriture du blog. Téléphone à Chantal pour échanger les nouvelles et lui dire comment je l'aime!!!


Et voilà, il en reste encore moins! Encore moins de temps pour faire parmi une liste qui s'étire. Le choix commence à se restreindre. J'ai quand même hâte de revenir au Québec, vous voir et dire comment par moment je me suis ennuyé de mon entourrage.

Allez, bonne semaine, à très bientôt... gênez-vous pas pour me laisser vos commentaires ou pour simplement me saluer, je l'apprécie beaucoup!

lundi, février 06, 2006

Visite ONG: LAMA-Progres

Bonsoir à vous tous,

Mon collègue de travail au CPA&ONG, Brice, et moi en parlions depuis déjà un petit bout de temps. Enfin tout s'est mis en place pour aller visiter une ONG dans le secteur au nord de Allada, à Houègbo, dans la brousse africaine. Départ de Cotonou à 10h, une heure plus tard que prévu (heure normale africaine). On arrive sur place après une ride d'un peu plus d'une heure dans un taxi-sardine: 10 personnes dans un peugeot 504 station-wagon, blanche, 3 rangées de bancs, normalement fait pour 7 personnes, décapitée par le temps et un chauffeur chauffard, aimant prendre les courbes à gauche dans la voie de gauche... le seul détails que je n'ai pas c'est l'année de ce "carosse"-corbillard. Mes fesses se souviendront de cette ride, plissées à jamais de l'inconfort subi. Bon! Que ça fait du bien d'en parler!

On débarque à une station d'essence (défraîchie, dont les réservoirs sont sans doute à sec), un homme et sa femme nous accueille pour nous reconduire dans la brousse sur un taxi-moto (un zem!). C'est là que nous sommes accueilli par Josué, le président de l'ONG LAMA-Progrès et de ses collègues.

LAMA-Progrès offre ses connaissances et son expertise à la communauté afin que celle-ci se prenne en main et se développe. Son action se décovre à travers la santé, l'éducation et l'accès au financement. Son plus important plan d'intervention est au niveau du micro-crédit. Avec l'aide des communautés environnantes, elle a créé multiples entités de crédit et d'épargne, des "caisses". Il existe 9 de ces entités, chacun indépendante, autonome et présente dans les départements avoisinants. LAMA-Progrès offre son soutient à ces initiatives en offrant son expertise en comptabilité, en gestion et en organisation. Elle fournit aussi un appui matériel et de logistique mais aucunement financier direct servant à constituer le fond de roulement de la caisse. Le principe repose sur la volonté de la communauté à se prendre en main: la caisse doit soliciter ses membres à l'épargne afin d'être en mesure de répondre à sa propre demande de micro-crédit. Un système de gestion et d'évaluation du crédit est en place et sert de guide. Toute transaction est annotée, tout membre reçoit sa carte, le livret de caisse et les fiches des dépôt et de crédit sont consignés à la caisse. J'avais l'impression de vivre l'initiative d'Alphonse Desjardins en 1901... même si je n'y était pas à cette époque, je perçoit la même vision qu'avait énoncé M. Desjardins. Back to the future... Je n'ai toutefois pu connaître d'où est partie l'idée d'une telle initiative, mais il y a des gens chez LAMA-Progrès qui ont un long parcours d'étude et une formation solide et enviable, en plus d'avoir bien des idées en tête pour parvenir à aider concrètement cette société.
Lors des "discours" officiels, la présidente m'a adressé (dans un dialecte que je ne comprenais aucunement) les remerciements pour ma visite, espérant que mon passage saura marquer leur destiné et en m'invitant à me prononcer sur les actions que je pourrai porter pour donner un élan à cette initiative de crédit et d'épargne. Étant pris par surprise, je ne savais trop comment élaborer de réponse. J'ai donc improvisé et en fonction de ce qui m'était accessible jusqu'ici: via le programme qui m'offre l'opportunité de vivre cette expérience nouvelle et unique, j'apporterai aux gens de ma société un regard nouveau sur l'Afrique en leur parlant des réalités, en témoignant et ventant les belles réussites du Bénin.
Ce micro-crédit est très utile aux gens de la commune, surtout les femmes. Ces dernières sont d'abord majoritairement vendeuses de produits au marché local. Or pour se procurer les produits chez les fournisseurs, ça prend un fond de départ. Même principe si elles doivent entretenir leur kiosque, se procurer un frigo, etc. La caisse entre donc en jeu et va leur procurer le financement nécessaire, en mettant en garantie ce qu'elles possèdent: terrain, maison, ameublement, kiosque, divers articles. Les frais et modalités de remboursement sont établis: le marché local se tient à tous les 5 jours... donc il faut payer 1 fois par 5 jours. Sans quoi des pénalités peuvent être appliquées, des biens saisis (à la limite), sans compter le faible montant d'intérêt. Le terme micro-crédit n'est pas pour rien: en général, les femmes empruntent entre 10,000 FCFA (22$CDN) et 60,000 FCFA (133$CDN) qu'elles remetteront sur un terme de 3 à 4 semaines tout au plus. Et les hommes dans tout cela?? En bien, ils sont dans une problématique non enviable et fort plus complexe. Généralement, les hommes sont des paysants. En tant que paysant, ils auraient besoins d'accéder à un montant de crédit beaucoup plus élevé pour acheter les semences, les fertilisants, l'outillage, etc... mais comme les fruits de leur culture ne sont pas monnayables avant une période de 4 à 5 mois, la caisse ne peut leur prêter car elle ne peut se permettre une échéance de plus de 5 ou 6 semaines... risquant de tomber sans fonds et ainsi ne pourrait plus prêter aux "bonnes femmes" (comme ils les appellent), qui font que la commune survit. Même en insistant sur cette problématique, je n'ai pas eu beaucoup de suite sur cette situation...

J'ai donc posé des questions sur comment devenir membre de la caisse, les modalités, les frais, etc. Je me suis dit que ca pourrait être symbolique d'avoir mon nom dans le registre des membres, en plus de prêter le montant qu'il faut pour la part sociale, laquelle permettra à la caisse de prête cet argent par la suite. Alors me voici maintenant membre d'une caisse "populaire" au Bénin: la caisse Aïdédji de Houègbo... mon numéro de membre est le 0440... ça vous en bouche un coin, ça, non? En fait mon initiative est très symbolique mais pourrait déboucher à quelque chose d'intéressant pour la caisse: c'est le temps des présidentielle en ce moment. Lors de leur passage en campagne, pourquoi les aspirants et les représentants ne pourraient-ils pas devenir membre de la caisse, en échange d'une promesse d'un appui lors du jour de l'élection? L'idée a été lancée et je crois qu'elle germera fort dans la tête du gérant de la caisse. Je lui ai donné un petit argument intéressant: "Un coopérant Canadien l'a fait, pourquoi pas vous, qui êtes local et qui défend les intérêts de cette communauté?"... vous auriez du voir la tête qu'il a fait!

Au retour à l'ONG LAMA-Progrès, on a pris un petit goûter avant de recevoir une offrande pour ma visite: un sac de bananes! Il devait bien y avois 20 kilos de bananes là-dedans! Bien sûr refuser est à proscrire de son registre... imaginez ce que sera ma diète de la semaine prochaine.

(photo mes bananes)

Après les salutations, nous sommes repartis prendre la route, de retour vers Cotonou.