mardi, décembre 27, 2005

Voyage à Natitingou et Parc de la Pendjari

Voyage a Natitingou, l'Aventure commence (du 23 au 27 décembre)

Le lever du corps a été un peu plus ardu que les autres matins. Le départ était donné au centre-ville de Cotonou (arrondissement St-Michel) pour 7h. Les bus attendent les passagers et déjà à notre arrivée vers 6h30 on se sentait comme dans une ruche. Le bourdonnement, vas-et-viens autour des autobus qui partent tous dans des directions différentes. L'embarquement se fait sans problème, malgré le cahos qui se fait sentir pour les bagages et les explications que donne le contrôleur à des gens insistants pour toutes sortes de raison: "j'ai des bagagges", "j'ai pas mon billet", etc (souvent en langue locale ou mi-français). Ceci est sans compter les vendeurs et vendeuses itinérants tentant de nous passer tous les sapins possibles: d'une brosse à dent jamais utilisées jusqu'au super video lecteur DVD de maison non-volé en passant par les kleenex, stylos, nourriture de toute sorte (qui puent et qui ne puent pas!), girlandes de noel et embalages ou, finalement, des pilules douteuses sensées revigorer son homme.

Le dortoir: vive la vie en commun!

Après un petit voyage de près de 10h pour faire 510km (confirmé par un local lors du retour), nous parvenons à Natitingou. Nous sommes dès lors assaillis par les chauffeurs de taxi, de moto-taxi ou encore d'un guide à l'honnêteté douteuse... une chance, deux exploreurs de notre groupe de stagiaire nous ont repéré et ont vite dispersés tous ces pseudos-canailles. Le lieu de campement était tout près, à 5 minutes de marche, sur la route. Les "yovos" de la place prennent donc le chemin de "l'hôtel"... surprise! Un dortoir à la "Maison de l'Enseignant". Une grande pièce où sont disposés environs 7 lits superposés... nous sommes 13, le compte est bon. On va vivre "serrés" pendant quelques jours. Le plus grand choc était les toilettes pas de couvert et à la salubrité inégalée... sans compter les douches où vraiment les gougounnes ne sont plus une option: on aurait dit un "box à veau"... l'odeur, l'état général et la crasse repousse tout coeur sensible. C'est rien, je ne parlerai pas de la température de l'eau. Oui, il faut que j'explique. A Natitingou, la température possède des extrême intéressant. À cause de l'Armatan, la chaleur peut atteindre les 40oC le jour et un peu plus d'une dizaine la nuit. Par contre, le climat reste sec, très sec... on le ressent vite. Tous sommes content de ressentir cette sensation où lorsque le corps transpire, il peut vraiment se refroidir. Les nuits sont récupératrices grâce à ce climat.

Le dejeuner: 1.5$, délice inclu!
Depuis mon arrivée, le "value meal" n'a pas été souvent la vedette. À Nati, on a trouvé le "deal" du matin: omelette avec 2 oeufs, une demi baguette de pain et un café (ou chocolat chaud) était servi pour l'équivalent de 1.5$ (canadien). En plus, c'est délicieux et l'ambiance du chef et son sourire est très apprécié.

Chutes de Kota
Les propositions de nos explorateurs nous invitent à aller se détendre dans un petit oasis du secteur, les chutes de Kota, a 15km au sud de Natitingou. Quel paradis... photo à l'appui! Un bel endroit où passer l'après-midi, faire une sieste et faire une saucette.

Veille de Noël: La Brèche de Nati
La veille de Noël, nous avons réservé à un bon petit resto, très bien situé, dans un col de la chaîne de montagne de l'Atakora (élévation + ou - 500m). De là nous avons pris le souper, dans un ambiance de famille de stagiaires avec en toile de fond la ville de Natitingou. L'air était doux comme une vraie belle soirée à la Québecoise, avec un coucher de soleil sur la cordillière... mémorable!

Fête de Noël des enfants
Je suis déçu de constater comment les africains ont litéralement copié, sans aucune adaptation locale ou culturelle, le concept de Noël. On décore un sapin (artificiel, bien sûr), on le soupoudre de neige (artificielle, voyons-donc), et on plante là un père Noël portant un masque d'homme blanc à la barbe blanche (artificiel, de surcroît). Nous étions trois à aller sur les lieux de la fête... en fait nous ne savions pas que c'était la fête car nous allions seulement rencontrer le guide pour le parc de la Pendjari, qui était occupé à faire le père Noël. Il y avait donc des dizaines d'enfants, tous orphelins et récupérés par quelques groupes social local, à se placer en rang avant de recevoir chacun un présent. À la réception de leur cadeau, tendu de la main par le père Noël, chaque enfant accepte l'offrande en s'incliant poliment en signe de remerciement. À l'heure où les pères Noël du Nord sont presque maltraités par les enfants gatés de notre société, méchant contraste!

Dîner de Noël aux étoiles filantes
Pour notre souper de Noël, veille du départ pour l'Aventure Africaine, nous allons dans un restaurant el-cheapo que nous a recommandé de guide pour la Pendjari. Wow! Excellente suggestion, retenez ça: "La grignote". Ok, j'avoue que le bord de la route était pas l'idée du siècle, mais coudonc (en guise de parallèle, placez un resto sur le bord, mais vraiment sur le bord, de la route 138 à la hauteur de l'Assomption). Que ne fut pas notre surprise lorsqu'un local vient nous demander de détourner notre attention vers le ciel où à ce moment défilaient un groupe d'étoiles filantes... un spectacle saisissant qui a duré tout près d'une trentaire de secondes. Un cailloux ou je ne sais quoi a plongé dans l'atmosphère pour se fracasser en plusieurs fragments et nous offrir le spectacle de sa lente consommation silencieuse et colorée. Tout simplement superbe... j'ai eu le temps de faire bien des voeux, Chantal!

Pendjari
Nous nous sommes entendus avec le guide: départ à 5h00 AM de notre chef-lieux. Le premier guide est arrivé à 6h05... trop tard pour arriver à temps pour la chasse de ce premier matin! La chasse est le terme employé par les guides pour désigner la période de temps la plus propice où les animaux s'activent et peuvent être observés. C'est aussi lorsque la température est la moins élevée et que la lumière du jour est suffisante. La chasse du soir est particulièrement intéressantes dans la période de pointe de sécheresse: les animaux ont soif et doivent aller s'abreuver dans les rares mares qui subsistent. C'est là que les chamailles surviennent, que les meutent se pointent. Nous visiterons les mares de Bali et la mare Sacrée. Malheureusement pour nous, la saison sèche n'est pas assez avancée... faudrait revenir fin février ou en mars, la saison des pluies commence en mai.

Le chemin pour se rendre à l'entrée du Parc: 1h de bitume à travers une route sinueuse et passant à travers multiples villages dont les noms sont tout aussi étrange: Kataban, Koudouglou, etc. Nous quittons le bitume pour un autre 30 minutes de route de brousse cahoteuse. Le confort es limité: nous sommes 9 (plus l'équipement) dans un véhicule concu pour mettre relativement à l'aide 7 personnes (et sans équipement). Les gens des villages nous saluent au passage. Ils espèrent tous recevoir un quelque chose des blancs qui passent, des touristes qui dilapident leurs biens pour eux.
Arrivé à l'entrée, nous réglons les divers pré-requis: droits de passage, etc. Nous repartons sur les chemins pour découvrir à certain moments des petit groupes d'animaux: cobs, babouins et bubales se découvrent en premier. Nous avons hâte (et espérons fort) de rencontrer des lions, buffles et éléphants... pas maintenant, peut-être plus tard, à la chasse du soir. Nous nous arrêtons à la mare de Bali où on peut observer (en silence) les rhinocéros se montrent timidement la tête hors de l'eau pour prendre une bouffée d'air. La scène est cependant si rapide et ne laisse pas beaucoup de place à constater la taille imposante qu'ils représentent. Un déplacement d'une heure de plus nous mène à la mare Sacrée. Pendant ce temps, on passe à travers une flore étrange, quasi désertique, la savane: de grandes touffes d'herbes brûlés, des arbres tordus, des champs et arbres brûlés. On apprend que les autorités du Parc ont intentionnellement mis le feu à plusieurs endroits afin de permettre la regénération de certaines pousses fraîches que consomment les animaux qui broutent, mais aussi pour la saison touristique. La scène est parfois désolante: la forêt luxuriante y est que très rare.

Dans la progression à travers les chemins du Parc, nous constatons comment la chaleur (et peut-être le temps) a fini par créer une fine poussière qui s'immisce et s'imprègne partout. Lors des déplacements les véhicules soulèvent une telle quantité que l'air devient vite irrespirable. Les vêtements ainsi que notre peau non recouverte s'en couvre rapidement. Nous avons l'air de l'ami de Charlie Brown qui est si sale qu'à chaque geste il polue l'air (ca vous dit quelque chose? C'est quoi son nom, déjà?).

Pendjari: les problèmes des camions
On aurait dû nous en douter. Les camions (un Mitsubishi et un Toyota Land Cruser II) sont pourtant bien adapté à la brousse... mais dans l'état où ils paraissent, il n'était pas surprenant de voir des problèmes techniques survenir. Nous nous en tirons tout de même à bon compte. La chaleur donne de la difficulté à l'accumulateur (autant lorsqu'il fait très froid) et au moteur diésel... on est donc obligé de pousser les véhicules à plusieurs reprises pour faire démarrer par compression. Le second véhicule a en plus une fuite de radiateur... on transporte donc en surplus de l'eau pour fournir "le chameau".


Pendjari: le camping
Le site de camping est très rudimentaire. Il s'agit d'un site sur lequel un bâtiment a été érigé pour fin de recherche dans le Parc. Nous n'avons pas accès à aucun des services (qui sont à peu près limités qu'à des locaux, finalement). Nous installons donc les 7 tentes et préparons un bon petit feu car l'air s'est refroidi... ce qui fait du bien pour nous, les canadiens.

Pendjari: le ciel étoilé maculé
Au cours de la soirée, lorsque nous nous retirons du site du feu de camp, nous découvrons le ciel dans toute sa splendeur. Un ciel fort étoilé dont une grande partie nous est méconnaissable par la latitude où nous nous trouvons. La grande ourse est observable, mais dans une position très étrange. L'étoile polaire est trop basse à l'horizon pour être repérée.

Pendjari: temperature fraîche
Les gens de mon bureau auxquels je leur ai déjà parlé de mon séjour à la Pendjari me l'avaient annoncé: au cours de la nuit, la température est froide. La notion de froid pour un Canadien n'est pas la même. Mais je vous dirais que nous avons ressenti un froid digne d'un petit matin du mois d'août au parc Orford. Malgré un sol dur (on a pas de matelas de sol), un drap était de mise pour dormir. J'ai ressenti le froid à mes pieds mais j'ai très bien dormi, le climat était à mon goût. Au réveil plusieurs ont avoué avoir quelque peu frisonnés.
Au réveil, on apprend que quelques uns ont été malade ou sont mal en point... on doute de la qualité de la bouffe de la veille, qui a été consommée un peu plus de 15 heures après sa préparation, même si conservée au chaud dans des glacières. Des maux de coeurs, de ventre, des crampes et de la diarrhée. Au moment où je relate par écrit, je touche du bois, ca fait 48 heures et j'ai rien ressenti encore!

Pendjari: chutes de Tanougou
Après les chasses infructueuses du 2e jour, nous sommes repartis vers la sortie du parc. Les yeux étaient aux aguets, mais un peu endormis. Ici et là le guide-chauffeur nous pointe des choses intéressantes. Finalement nous filons vers la sortie pour aller voir les chutes de Tanougou et nous baigner, question de se rafraîchir un peu. À l'arrivée sur le site, évidemment, les gens des environs sont là pour nous servir de guide local et nous quémander (cadeaux, argent, "faut donner")... on s'y habitue, on en ignore la plus grande part. On retient les services d'un guide qui nous amène (avec une meute de jeunes) sur le chemin de la chute. Nous traversons un bien bel endroit, forêt luxiriante, sur le chemin d'un cours d'eau qu'il faut parfois enjamber pour atteindre une petite marre où nous pouvons nous saucer. Pas d'hésitation, on saute dedans. L'eau y est si bonne. On en profite pour se secouer et faire décoler la poussière que nous accumulons depuis notre entrée dans le Parc. Quelques temps après nous rentrons au bercail, le dortoir à Natitingou. Je conserverai en mémoire la route qui nous y a menée, à travers les montagnes et les chemins sinueux de l'Atakora.

Arnaque?
Au retour, nous devions payer la balance du voyage. Nous avons commandé le guide-organisateur, Sami, pour tout régler. Nous avions quelques frustrations d'organisation que nous voulions lui faire part: départ en retard, son abscence, l'état des véhicules, les frais cachés. On fini par s'entendre sur le prix final et on le paie... il s'arrangera avec les guides-conducteurs pour le reste. Ils disparaissent et pendant ce temps, on va se faire une toilette obligée et on règle les comptes entre nous... on constate comment l'aventure ne nous a pas dépochée: 27,800 FCFA, soit 62$ canadens pour deux jours (camion, essence, souper, camping, droits).

En soirée, nous pendant que nous parlons de cette aventure entre nous, les deux guides-chauffeurs reviennent nous voir pour nous expliquer une problématique. Le guide-organisateur, à qui nous avions contracté l'aventure, s'est litéralement poussé sans payer les guides-chauffeurs et les camions. Ils exigent que nous fassions quelque chose, sans quoi ils ne quitteront pas les lieux. On explique que ca ne nous concerne pas. Nous parvenons à rejoindre le guide-organisateur pour lui demander de venir sur place régler le tout. Les guides-chauffeurs sont en furie... ils menacent d'aller à la police. "Allez-y la voir" nous répondons. Nous sommes 13 touristes avec la même version... on a des preuves irréfutables, nous sommes parrés. Finalement, ils repartent, voyant que le principal intéressé ne se présente pas. Pfff! Foutaise! Arrangez-vous! Je décide d'aller me coucher car je dois me lever tôt demain pour repartir vers Cotonou... le problème est que je n'ai pas de ticket de bus, le guichet est fermée et plusieurs qui s'en sont procuré mentionnent qu'il restait très peu de places (1 à 2) quand ils ont réservé.

Retour à Cotonou en autobus: tétage de billet... bingo! Quand on est dû, on est dû!
Je me lève donc très tôt pour me pointer au bus en espérant obtenir une place (départ du bus à 7h, je me pointe à 6h15, le soleil se lèvera à 7h15). Je vois les personnes contacts du bus et me confirment que tout est complet. Sac au dos, je vois mes compatriotes monter à bord, je leur souhaite un bon voyage si je ne peux monter. J'insite encore à chaque fois que je vois passer le percepteur: il me faut une place. Il me répond qu'il va y voir lorsque le bus sera prêt à partir. J'écoute les conversations (mi francais et surtout dans la langue locale, à laquelle je ne comprend rien) pour essayer de voir si quelqu'in manque, ne peut pas embarquer ou possède un ticket à vendre... finalement le percepteur m'interpelle, 3 minutes avant le départ, le moteur tourne, le chauffeur et tout le monde sont en place... "yes!" me dis-je. Je détache mon sac à dos et un aidant me le place dans la soute à baggage. Je monte et il m'assigne le meilleur siège, celui tout juste derrière le chauffeur... la vue est trop bonne, j'en reviens juste pas! Le bus se met en mouvement, ca confirme le tout. Le départ est donné, retour à Cotonou. Aux arrêts sur la route, mes compatriotes de voyage m'appercoivent et je leur raconte le tout... ils sont jaloux de la place obtenue; eux, ils ont chaud, assis à l'arrière du bus.