Visite historique a Ouidah
Bonjour à vous tous!
J'espère que vous avez passé une belle semaine/fin de semaine (faudra que je m'habitue à dire le "week-end"). Mon acclimatation est pas facile de ces temps-ci. Le choc culturel en est à sa deuxième phase, la plus difficile... il me faut pas mal d'appui pour rester dans le chemin, je vous le dit. Alors pour oublier un peu le blues, Samedi et dimanche dernier je suis faire un petit tour à Ouidah, à la maison du projet PGDSM où Stephen travaillera dans les prochaines parties de son mandat. Nous étions 4 (trois de la maison du quartier de la cité Houhéyio) et Stephen (Védoko). Nous avons visité et marché beaucoup sous le soeil de plomb (y a-t-il plus lourd que ce métal pour donner plus de "punch" à la situation de chaleur intense?). Samedi nous avons déambulé dans le secteur, découvert un peu les endroits et finalement nous sommes partis pour la route des esclaves après s'être fait roulé par un guide qui connaissait absolument rien à la route, en improvisant des significations incensées et dont il se chicanait avec les autres gens de la place. Nous avons vraiment payé trop pour cet abruti, irrespectueux. Un contrat verbal au Bénin est un contrat... il ne peut pas être résilié aussi facilement. Donc nous avons fait le chemin. J'ai quelques photos intéressantes de cette route. Le lendemain, dimanche, nous sommes allés visiter le musée d'histoire de Ouidah qui est situé dans l'enceinte du fort Portugais, le seul fort qui est encore existant. C'est là que nous avons reçu l'enseignement de la traite negriaire qui a existé de 1721 à 1848. A Ouidah, les forts Francais, Angleterre, Hollande et Danemark n'existent plus. Ces forts servaient comme lieu de garde des conquérants et de préparation à la déportation des esclaves. Les esclaves devaient passer 14 jours, entassés dans une cours avant de débuter leur calvaire sur la route des esclaves vers la porte du non-retour (env 4 km de la plage).
En chemin, les esclaves étaient fouettés s'ils tombaient. Le long du chemin il y avait des postes d'arrêt: l'arbre de l'oubli, par exemple, où les escalves devaient faire 9 tours dans le cas d'un homme ou 7 tours dans le cas d'une femme afin d'oublier son pays, identité culturelle et repères géographiques. Les représentations de l'époque sont très évocatrices du mauvais traitement que subissaient les esclaves: le marché des esclaves, les négriers (bateaux), etc. De toute cette histoire, ce ne sont pas seulement les "conquérants" qui y ont contribué, mais plutôt les rois du pays même de l'Afrique. Ce sont eux qui recrutaient de force les esclaves dans des lieux les plus reculés afin d'aller les troquer au marché. Ces rois s'enrichissaient d'armes (fusils, canon, poudre) afin de maintenir et d'élargir leur royaume. Une fois que nous avons tout compris cela, nous nous sommes rendu compte que nous étions prêts à prendre la route des esclaves, avec un guide plus compétent afin de nous expliquer les différents postes de la route. Mais bon, on saura pour la prochaine fois qu'il ne faut pas se fier au premier venu. Nous avons donc traversé la ville pour nous arrêter à une petite buvette et prendre un rafraîchissement avant d'aller visiter le temple du python, figure mythique du vodun. Le clou de la visite est d'avoir à notre coup un python! Brrrr! Ça nous glace un peu le sang d'avoir cette bébitte au coup. Faut pas s'en faire, elles sont complètement amorphes ces bêtes.
Nous avons eu quelques explications sur la croyance qu'entretient la religion vodun par rapport à cet animal, qui incarne le mal.Alors voilà. La prochaine semaine s'annonce chargée. Je ne pourrai pas travailler beaucoup, je serai occupé par Oxfam à différente formation sur le Bénin et aussi de visites culturelles à Porto-Novo, la capitale du Bénin. Je vous en reparle!
Sur ce, portez-vous bien et ne vous gênez pas de m'écrire, ca me ferait du bien d'avoir de vos nouvelles et d'avoir un contact!!
A bientôt!!!

4 Comments:
Salut Yanick,
je suis avec beaucoup d'intérêts tes récits, surtout lorsque tu parles d'allonger ton mandat!!!
Pour ton info, il est tombé de la neige en masse aujourd'hui. Je ne suis pas sorti dehors depuis ce matin, mais j'estime approx. 30 cm.
Prends bien soin de toi,
André S.
Salut "Yanick au Bénin" (bizarre, ça me rappelle un certain Tintin au Congo de mon enfance!),
À première vue, j'avais cru à une cravate béninoise... C'est dans ces moments-là que l'on réalise que la presbytie nous guette.
C'est génial que de te suivre ainsi mon cher Yanick et de pouvoir "blaguer" un peu. Ne lâche surtout pas, il paraît que les 16 premières semaines sont les pires après quoi, c'est du gâteau (de l'expérience d'un vieux de la Baie James).
Comme tu le sais déjà, ici c'est la neige intense de quoi bloguer, oups bloquer mon entrée. Maudite hiver, mais qu'on l'aime donc avec tout ce beau ski en perspective.
Je te donne plus de nouvelles sur courriel: chirurgies, etc...
Salut et surtout ne lâche pas la cravate
Raymond
Belle cravate mon Yanick !
Ici y fais pas froid, Y fa frette !
Ciao.
Pas que je veux relancer le tout mais imaginez la scène:
Le party de Noël d'Oxfam:
-Les deux pieds dans le sables;
-Le bord de plage a perte de vue;
-Le Rhum punch;
-Echange de cadeaux;
-Un groupe de musique local;
-Le rythme endiablé des Tam-tams;
-Les vagues;
-Les cocotiers;
-La douce chaleur;
... vous souffrez? pas moi!
;)
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