lundi, décembre 19, 2005

Visite culturelle à Porto-Novo

Bonjour à vous tous, chers(ès) amis(es)!
D'abord milles Mercis pour vos messages de soutien et de vos nouvelles, j'apprécie fort bien.

Le voyage a Porto-Novo était inscrit à la liste des activités inter-culturelles d'Oxfam. C'est donc en compagnie d'un groupe de 10 stagiaires que nous sommes partis jeudi matin dans deux taxis-brousse, 32km de Cotonou. L'expérience de voyager a 6 dans une voiture (chauffeur inclu) est assez unique! Soit compactés par 3 avant et arrière ou 2 en avant et 4 en arrière, on oublie le confort pour la durée du déplacement d'un peu plus de 45 minutes. Tout le long du voyage, je vous jure que l'on retient son souffle à plusieurs reprises: les dépassements par des voitures (via la gauche ou la droite, pfff! peu importe), des zems ou camions, des face-à-face simulés, etc. On ne ferma pas vraiment l'oeil et on oublie toute allusion à un quelconque "code de la sécurité routière". Autre facteur: la vétusté des véhicules: minimum 375,000 km... mécanique douteuse, gauges et indicateurs défecteux, etc. Mais, le principal, c'est que ca doit avancer... lentement, mais sûrement! Bref, l'insouciance totale, je vous en ait déjà parlé?? Bon assez pour la casse, nous faisons route vers Port-Novo sur la musique d'un groupe local Béninois, Sogba. Faudra retrouver le CD, le groupe de voyageurs se l'étant promis. Nous allons donc vers le premier arrêt, le centre Songhai. C'est une école de l'agriculture (bio de surcroît). Nous rejoignons des coopérants d'Oxfam qui y ont leurs locaux de travail, Jean-Guy et Claudette. Ils sont à Porto-Novo depuis déjà 1.5 ans. Leur retour est prévu à l'été 2006. Nous parlons un peu de notre plan de la fin de semaine, et nous faisons des jaloux: musées, palais, jardins et promenade en pirogue sont au menu. Arrivé au musée Ethnologique, on expliquera les différentes rituels des phases de la vie: la naissance, la vie et la mort dans les ethnies au Bénin. L'accent est mis sur les rituels, représentés dans les significations que représentent les masques. Un masque est fabriqué et offert à une personne en particulier pour exprimer ce que la population pensent des agissements ou de la situation d'une personne. Seul les hommes peuvent porter le masque. Le rituel demande aussi à l'homme de se vêtir comme une femme. Le "prête" du village étant au su de tout ce qui se passe, décide quel masque devra être porté par qui dans le village. Un exemple "cocasse" où un masque a été porté par un homme très convoiteur des femmes auxquelles il s'éprend pour semer à tout vent. Le village a fabriqué un masque surmonté d'un homme à tête de loup et dont le sexe est exagérément amplifié par rapport à son corps. Ceci envoyant le message disant que le village n'apprécie pas sa conduite. Trop drôle! Nous partons ensuite pour le Jardins des Plantes et de la Nature (JPN), un semblant de jardin botanique de Porto-Novo. À l'aide du guide, nous y découvrirons: les plantes médicinales, les plantes à fruits et épices, plantes du milieu aquatique, les animaux et la section "parc pour tous". On y retrouve les arbres du café, du cacao, le laurier (Hum! Exquis!) et la muscade, entre autre. Puis dans la section des animaux, le guide appelle d'un étrange son les singes. Il sort de son sac une banane qu'il offre au premier que nous apercevons. Puis ils sont 5 ou 6 tour près de nous. La session de photo est à son paroxisme... on profite du dépaysement.

Après cet agréable tour du jardin, nous allons faisons un petit bout en taxi pour aller vers le Palais Royal du Roi Toffa. De là nous visitons le lieu où les rois se sont succédé dans le royaume local de la région de Porto-Novo (je n'ai pas le nom du royaume, désolé). Le roi pouvait posséder jusqu'à 108 femmes (les reines), dont seulement 21 étaient réunies à la fois dans le palais. Chaque femme avait sa période de temps avec le roi, selon sa période de fécondité. C'était la reine mère qui décidait

Fin de cette première journée, épuisante car le soleil ne laissait pas place à beaucoup de fraicheur. Nous rentrons à Songhai pour un souper suivi d'une veillée. Songhai offre des chambres style dortoir aux visiteurs.

Le lendemain nous somme prêts tôt afin de profiter de la journée qui s'annonce. Au menu: un tour de pirogue et une visite du Grand Marché de Adjara. Il faudra d'abord faire un petit déplacement d'une dizaine de kilomètres en Zem vers Adjara où des stagiaires avaient convenus de rencontrer des guides locaux qui nous mèneraient vers des sites reculés de la civilation, rejoignable seulement par une voie d'eau. Nous partons donc et rejoingnons le site où une petite rivière indique un chemin à travers la forêt luxuriante. Tout en marchant les gens chantent "Yovo, Yovo, bonsoir, ca va bien, merci!" ou en nous interpellant seulement par "Yovo!". Le yovos, ca signifie les blancs... mais sans aucun égard à une marque quelconque de racisme. Les dix yovos prennent place sur la pirogue, quelque peu versante. Pas de faux mouvement, svp!. Les prises de photos affluent, nous sommes en mode touriste, c'est évident. Ce lieu nous enchante, loin de toute pollution, mais pas de la chaleur et de l'humidité. Au bout d'un 20 minutes, nous atteignons la terre ferme où nous débarquons pour partir à l'aventure dans un sentier à travers des sections de villages, de terres cultivées, de bouts de forêts, etc. La marche dure 40 à 45 minutes. Nous parvenons à un village typique de l'Afrique, encore vivant. La chappelle nous y acceuille. De là nous contemplons la simplicité des lieux, mais conforme à la religion catholique. On nous chante un petit refrain d'un "alléluia" rythmé et doux pour les oreilles. Les gens mettent tout leur coeur à nous recevoir et faire plaisir. Le bonheur est simple! Ravis d'avoir egayé notre âme, nous repartons... à la visite d'un second village, d'une simplicité. Dans celui-ci on y retrouve ue fabrication de Sodabi, la liqueur, un alcool fort dont tout méchape à sa description mais dont il brûle le boyaux dans lequel il passe. Cette liqueur est très populaire au Bénin. Facile de fabrication, saoule vite, c'est aussi un fléau envers l'alcoolisme.

Une fois le pied mis à terre, nous progressons vers le Grand Marché Adjara. Celui-ci couvre la petite ville de Adjara. Comme il est tenu qu'une fois tous les 4 jours, autant dire qu'il y a bien du "monde à messe". On y retrouve tous les produits locaux, parfois aussi étranges que familiers. La partie la plus intéressante est au marché des instruments de musique. Je discute longuement dans l'intérêt d'acquérir un "Jambe", ce tambour de bamboux géants et typique des tam-tams du mon royal, est roi ici. L'artisant me montre un modèle, en joue, me montre un peu à en jouer, stimule la vente, fait des offres. Parti de 8000 il est rendu a 3500. Dans ma tête je tiens à pas plus de 3000... voyant que je suis pour abandonner mais que ca m'intéresse encore, il offre le 3000. Je lui demande alors s'il peut autographier dans le bois le nom de l'artiste qui l'a fabriqué... pour 500F. Bref tout s'arrange et je repart avec un instrument de musique dont je me demande comment je vais faire entrer ca dans ma valise au retour! Je tam-tam un peu au retour, sur la ride en Zem. Ca fait bien rire. En fait, je tapoche un peu n'importe quoi.

Au retour a Songhai, nous nous préparons pour le retour en ville, a Cotonou. Seulement la moitié du groupe car l'autre moitié ira vers un autre village samedi pour assister au couronnement du roi d'Abomhey. Ca doit être vraiment la fête, mais je suis trop fatigué, j'ai besoin de someil et j'ai plein de trucs à faire à la maison.

Ouf! Grosse semaine!

La semaine prochaine nous partons pour un grand périple que je vous raconterai seulement en janvier: le parc de la Pendjhari. La savane Africaine avec ses lions, élephants, girafes, antilopes et cie.

Donc j'ai pas la chance de vous écrire à nouveau, je vous souhaite dès maintenant de passer de très belles et joyeuses fêtes. Que tous les voeux de Bonheur, Santé et réjouissance vous accompagnent. Sincère, Bonne et Heureuse Année 2006. Je penserai à vous tous pendant ces moments forts de Noël et du jour de l'An!

Au plaisir de vous lire, écrivez-moi, donnez de vos nouvelles, j'apprécie beaucoup!
PS: les photos sont de Stéphane Arbour, stagiaire en communication chez Oxfam-Québec au Bénin.