mardi, mars 14, 2006

Au revoir...

Bonjour à vous tous,

Eh bien voilà, c'est l'heure des conclusions et des adieux à ce pays qui m'a accueilli lors de ces 4 derniers mois. Pour ma part, l'expérience fut très bonne et enrichissante, je la recommande fortement à tous! Ici les stagiaires partent tour à tour, avec un dernier regard nostalgique. Il me reste que peu de temps pour aller saluer les gens avec qui j'ai passé du bon temps, qui m'ont accueilli, qui ont volontier partagé avec moi cette période de vie intense, mais surtout qui m'ont permi de découvrir ce monde et sa société. Alors que plusieurs locaux pensent que chez moi c'est meilleur qu'ici, je leur dis que c'est plutôt différent, pas mieux. Je viens de leur défaire leur rêve... malgrés les difficultés que connait le pays, il y a bien des avantages à vivre ici, surtout pour les gens qui y sont natifs... la même réflexion se pose pour moi.

C'est donc mon dernier blog avant de retourner. Il sera court et simple, j'ai de la difficulté à trouver la bonne inspiration pour raconter les derniers moments. Mon mandat est terminé, je suis dans les préparatifs du départ. Mes pensées reprendront plus tard, pour le moment le départ et le retour me préoccupent. Il y a beaucoup de gens à qui je pense et pour qui j'ai hâte d'être de retour.

Alors le départ sera vendredi 17 mars de Cotonou à 3h15 du matin (21h15 heure de Montréal) et l'arrivée prévue est toujours le 17 mars, 19h20 à Montréal.

Voilà! Passez une bonne semaine, on se revoit bientôt, bientôt avec beaucoup de récits et de photos!! Une première conférence est le 25 mars à Joliette: photos, musiques, récits, artisanats, etc.

lundi, mars 06, 2006

Village d'Agbotagon, eau bleu, plage et élections... compte complet!

Bonjour à vous tous!

Quelle semaine je viens de passer! Comme le temps passe vite et aussi par le fait que mon séjour s'achève très prochainement (retour le 17 mars à Montréal), je dois condenser les visites et trouver du temps pour accomplir mon ambitieux programme de découvrir et vivre le Bénin. En ce lundi matin, je prends un peu de temps pour vous relater les différents programmes que j'ai eu la fin de semaine dernière... tous plus palpitant les uns que les autres. Notez que ceci est un condensé... plus détails "live" à mon retour (et sur demande!).

Pendant que j'y pense, j'annonce une première conférence-diaporama (comentaires, photos, musique, artisanat) sur cette expérience pour samedi le 25 mars prochain, à 20h à Joliette, au centre le Parcours. Les réservations sont nécessaires car la capacité de la salle est limitée. Laissez un message sur ce blog ou envoyez un message courriel si vous êtes intéressés. À la demande je serai disponible pour présenter une autre conférence-diaporama. Une seconde est prévue chez Connexim (mon employeur), la date reste à déterminer... Debbie!

Bon trois belles sorties cette semaine: Agbotagon à 1h30 de Cotonou dans le département de l'Atltantique, Possotomè et Grand-Popo, aussi à 1h30 dans le département du Mono et puis les présidentielles du 5 mars 2006. Bonne lecture!

Visite du village d'Agbotagon.
Zacharie est natif du village d'Agbotagon, dans le Nord du pays, en plein coeur du département de l'Atlantique. Il y est si attaché qu'il l'habite encore, avec sa femme et ses deux enfants. Or le trajet de taxi coûte passablement cher pour son maigre salaire, il ne peut donc y retourner que la fin de semaine ou lors des occasions spéciales... comme celle où il m'a invité à passer une journée à découvrir ce charmant petit village traditionnel et ses allentours. Après un voyage en taxi-brousse-sardine nous sommes largés au bord de la route. Les constructions de terre rouge et rudimentaires saisissent. Dans chacune on retrouve une famille et une myriade de petits enfants à demi-nus. Il me présente à sa femme, qui est assise par terre, couverte d'un drap, adossée au cadrage de la porte. "Elle est indisposée, elle n'est pas au champs aujourd'hui". Sa femme est malade, elle est faible et a besoin de service médicaux mais ils n'en ont pas les moyens. Quelques minutes plus tard, le fils aîné revient de l'école beaucoup plus tôt qu'à la normale: le professeur ne s'est pas présenté ce matin, on ne sait pas pourquoi. Le directeur a donné l'ordre aux enfants de rentrer.

L'école mise en place par les moyens du bord et surtout provenant de l'homme influent du village, M. Agbota, mon directeur au CAP&ONG. Le professeur est entrain de donner un cours et les élèves sont tous attentionnés jusqu'à ce que j'arrive (un yovo!). Le professeur est en même temps le directeur de l'école. Il montre les conditions dans lesquelles il travaille et ceux des enfants: pas assez de chaises ni de pupitre pour travailler et apprendre convenablement. Le toit n'est pas pleinement achevé et la saison des pluies qui viendra bientôt. Je dénombre une trentaine d'enfants, étonnamment attentifs et très disciplinés... mais ils dévisagent le yovo, épiant ses moindres gestes.

On se rend à une ferme où se cultivent les agrumes: oranges, tangelos, tangerines, clémentines et citrons. On retrouve également les ananas, la papaye, l'avocat et le manioc. Dans un autre secteur on retrouve les palmiers qui servent à produire l'huile rouge à partir des fruits du palmier et le vin de palme... et évidemment le sodabi. Récemment il tente un reboisement commercial du tek, un bois de qualité très prisé. Dans une autre section on retrouve l'élevage de l'escargot et des chèvres. Le tout couvre une superficie de 60 hectares sur les 240 disponibles, sis dans une quasi-vallée magnifique où on a la vue sur le département de l'Atlantique.

Visite dans le Mono: Posotomè et Grand-Popo.
La bouteille d'eau Possotomè est embouteillée dans la ville qui porte le même nom. Une source thermale qui jaillit en continu, délicieuse à boire et qui fait le bonheur et la qualité de vie des gens du village. On voit ici et là le logo bleu de l'embouteilleur peint sur les murs, une société d'état qui a été privatisé depuis déjà longtemps.
Après un peu plus d'une heure de voyagement, nous parvenons à une route de brousse, cahoteuse, qui mène au pays de l'eau bleue Possotomè. Sur place, on a une excellente vue sur le lac Akémé, 2e plus grand après le lac Nokoué, où baigne la ville de Cotonou. Le site enchanteur nous laisse découvrir une grande place avec une fontaine où coule naturellement la source.
Brigitte et Sabine avaient concocté une bonne bouffe que l'on déguste dans l'arrière cours d'une buvette, une cousine d'un participant du groupe. Après ce délicieux repas, on quitte pour Grand-Popo, lieu retiré et tranquille, qui n'a que des plages à offrir à ses visiteurs. Le repos et la baignade sont très bon, malgré les fortes vagues qui s'échouent sur la berge. On joue, on se détend, on prend une bière ou une sucrerie et on mange. Tous sont heureux, les enfants en sont au comble.


Les présidentielles du 5 mars 2006
Je savais depuis avant de partir qu'il y aurait des élections dans le Bénin vers la fin du stage. Les gens du service, les médias, les embassades, autorités du pays en parlaient de plus en plus. J'ai suivi avec intérêt le déroulement, les informations sur les incidents tout au long du processus. Enfin, le grand jour était arrivé pour les Béninoises et Béninois, ce dimanche 5 mars. Déjà avant que cela ne prenne de l'ampleur j'étais intéressé à vouloir m'introduire dans le système et le voir fonctionner. Lorsque l'appel pour participer à une mission d'observation s'est présentée, je n'ai aucunement hésité. C'est donc avec une ONG appellée GERDDES Afrique que j'ai eu la chance d'aller voir de près le déroulement de l'élection au premier tour du futur président de la République.
La tâche n'était pas mince: visiter 15 sites de vote au cours de la journée des 9h dont disposent les électeurs pour exprimer leur suffrage.
Stéphane et moi nous sommes partis de la maison à 5h45 du matin pour être sur le lieu de rencontre des observateurs dès 6h... or, décalage africain oblige, nous sommes arrivés trop tôt! Nous avons attendu un peu avant que la machine se mette en place. De toute façon, trop peu de bureau de vote ont réellement débuté leurs activités à l'heure prévue de 7h00.
Généralement, le poste de vote est limité à moins de 300 électeurs: l'urne ne pouvant contenir plus. Le buletin de vote unique présente la photo en couleur ainsi que le logo de chacun des 26 aspirants... le buletin est de la taille d'une page 11x17! À l'aide du tampon encré, l'électeur "tamponne" son candidat de choix avant de plier en 24 son buletin pour le faire entrer dans l'urne, un gros tupperware transparent... ca coûte pas des milions et c'est durable.
En tant qu'observateur, j'ai eu la chance de voir de très près le processus. Le directeur d'un poste de vote et les électeurs apprécient et se sentent rassurés de voir les observateurs arriver (même s'ils sont en fait dépourvu de pouvoir). Grâce à ce statut, j'ai eu accès, sans conteste, au moindre racoin du bureau de vote, aux papiers officiels, etc. Ce, à tout moment du déroulement du vote.
Lors de cette expérience, j'ai bien constaté et réellement senti comment les Béninoise et Béninois avaient hâte d'exprimer leur droit de vote. Même si le processus n'est pas parfait, ils tiennent au processus, ils prennent cette responsabilité à coeur, ils veillent à ce qu'il n'y ait pas de faille, falcification, ou contre-façon dans le système. Le taux de participation est très élevé (plus de 90%)... j'ai senti à ce moment-là qu'ils comptent vraiement sur le changement de garde à la présidence. Ils ne veulent plus de Kérékou, c'est clair. Ils ont l'espoir de voir leur sort sépanouir.
Lors du dépouillement, on sentait la fébrilité des gens. Chaque compte pour Yayi Boni posait un sourire dans le coeur de ces braves gens. À la fin d'un dépouillement, c'était l'expression de la joie et les applaudissements. J'ai visité trois lieux de dépouillement, dans trois coin de la ville de Cotonou et les résultats indiquent la tendance: Yayi Boni marque une belle avance.

Lundi matin, j'ai vérifié un à un le pouce gauche des gens du service pour vérifier s'ils étaient allés voter. J'ai noté que tous avaient exercé leur droit civique. Je les ais donc félicités et souhaité le meilleur pour leur pays... vous auriez dû voir leur réaction... ils étaient tous souriants et se sont applaudis! Émouvant!

Portez-vous bien et à très bientôt!

Edabo!

lundi, février 27, 2006

Retour à Sô-Tchanhoué (et autre)

Bonjour à vous tous, chers lecteurs,

J'espère que vous allez bien et que l'hiver ne vous abîme pas trop. Profitez-en bien en mon nom pendant que ca passe, comme je l'ai déjà dit, l'hiver me manque et je l'aurai pas mal manqué cette fois-ci. Dans un autre ordre d'idée, je vous ferai un petit retour sur la semaine et les activités.

J'ai ouvert la page du calendrier cette semaine afin de planifier une activité qui devrait se dérouler la fin de semaine... oups! Il n'y a déjà plus de fin de semaine de libre, pendant ma présence au Bénin! Aïe! C'est ici que je le réalise. Déjà donc le temps des conclusions, des rapports, de converger le travail et refermer les dossiers, préparer la docum, etc. En ce qui concerne le blog, j'ai encore des sujets à vous exposer mais je crois que ca remplirait la page et rendrait difficile la lecture. Alors je vous en fait un petit condensé...

Mais avant, très important. J'aimerais savoir... je prépare une conférence qui sera donnée le samedi 25 mars prochain à Joliette ainsi qu'une autre dans mon milieu de travail, chez Connexim. Puis autres selon la demande. Afin de bien me préparer et apporter des réponses, des explications, des données sur le Bénin ou mon expérience en tant que stagiaire-coopérant, j'aimerais savoir quelles sont les questions qui vous viennent en tête ou quels sont les sujets que vous aimeriez voir abordés lors de cette conférence?? Donnez-moi quelques exemples de quoi vous aimeriez entendre parler sur l'Afrique Noire, le Bénin.

Allez, bonne semaine...


Retour à Sô-Tchanhoué, le village sur pilotis

Depuis mon arrivée au Bénin que traînaient dans mon placard des médicaments pour enfants donnés par le CLSC de Joliette où travaillait ma mère. Initialement c'est Nicole qui a reçu tout ça pour les distribuer au Honduras. Or, en novembre dernier, avant le départ, il restait encore un peu de place dans mes bagages et j'ai les ais donc bourrés d'un peu de ce que j'ai pu identifier de bon en pensant faire une bonne oeuvre dans une communauté au Bénin. En faisant quelques contacts mais surtout en réalisant qu'il ne restait plus grand temps avant la fin du stage, il me devait d'agir. Enfin, l'occasion s'est présentée où Richard, un coopérant d'Oxfam-Québec auprès de BC-ONG, a eu la gentillesse et obtenu contact de dénicher un hôpital de brousse, reculé et dans le besoin, afin de livrer lesdits médicaments. C'est donc à Sô-Tchanhoué, une charmante petite commune sur pilotis, où je suis allé rencontrer Romain, l'homme de la maison qui héberge une stagiaire du club 2/3, Carla. Romain a eu l'immense gentillesse de me faire visiter sa petite commune. Nous sommes allés jusqu'à visiter le centre hospitalier, à quelques pas de sa maison. Les services de consultation sont ouvert seulement la semaine, de même pour la pharmacie, qui recoit régulièrement de l'aide extérieure pour garnir ses petites tablettes. On nous a amené au bloc de la maternité où on a montré trois récents nouveaux-nés et leur mère, s'y reposant... sieste oblige et dans une ambiance de chaleur difficilement supportable. Enfin, j'ai rencontré le médecin de garde, au bloc des urgences. Après avoir expliqué la raison de la visite, il m'a chaleureusement accueilli et serré la main en me remerciant du geste. Ceci est très apprécié de faire cet effort, qui peut importe la quantité, contribue à maintenir les activités du centre et à prodiguer des bons soins à la population locale. Alors voilà, maman Nicole, message retransmi et mission accomplie!

Le projet 500$

Le titre de "projet 500$" est donné suivant l'activité de collecte de fond qui devait être complétée lors des activités de préparation au stage. Un minimum de 500$ devait être collecté et remis à Oxfam-Québec afin de soutenir les activités chez le partenaire, selon ce que j'avais compris des renseignements donnés dans les divers documents de collecte de fond et du programme. Or, une fois rendu sur le terrain, j'apprend qu'il s'agit d'un fond amassé où chaque stagiaire aura à gérer sous forme de mini-projet. Wow! Beau projet! Le but du projet consiste à identifier avec le partenaire auquel nous sommes jumelés des besoins visant à améliorer son fonctionnement et efficacité en matière de technologie de l'information. La notion de développement durable était le critère cadre du projet. Ceci signifie qu'acheter une cartouche d'encre ou du papier (des consommables) n'est pas du développement durable. Par contre, augmenter la mémoir vive d'un PC pour en faire un serveur ou en améliorer sa rapidité de traitement, installer un réseau local, etc, sont de bons exemples.

Dans le cadre de mon travail auprès du CPA&ONG, j'ai identifié ce qui suit: puisque le développement que je poursuis concerne le développement d'un système de base de données servi par le réseau, il serait bon de bien contrôler le réseau, les accès et de limiter la propagation des virus et vers informatiques. Donc première intervention fût de mettre en place un système anti-virus à jour ainsi que de faire le ménage de chacun des postes. Ensuite, activer la mise-à-jour du système Windows XP pro, pour colmater le plus possible les brèches de sécurité du système et ainsi éviter les intrusions. Dans un 3e temps, mettre en place un routeur internet qui servira à limiter les intrusions et qui démarquera la ligne entre le réseau local et l'internet. Enfin, un PC sera rehaussé pour devenir un serveur de la base de données ainsi que fournir l'application servant à utiliser la base de données. Le rehaussement concerne la mise en place d'un régulateur de tension ainsi qu'un onduleur (unité ininterruptible de tension) plus puissant pouvant mieux résister aux sauts de variation de l'alimentation électrique du pays et soutenir plus efficacement un poste de type serveur. Une clef USB de grande capacité sera par ailleurs utilisée pour sauvegarder les copies de sûreté des enregistrement de la base de données ainsi que divers logiciels et applications, en cas de défaillance du système désigné serveur.

Le tout aura consommé un peu moins de 95% du budget des 1300$ amassés et rendus disponibles pour le projet.

Miles Mercis à tous ceux qui ont participé à cette collecte de fond, je vous ai promis un retour sur les résultats, en voici les réalisations.


Mon mandat de travail

Mon mandat d’initiation à la coopération consiste à élaborer pour un organisme ministériel, le Centre de Promotion des Associations et ONG (le CPA&ONG), un système de base de données lui permettant de répertorier l’ensemble des organismes d’entraide Béninoises, tant au niveau de leur définition, mission et historique que de leurs activités. Ce système permettra de répertorier, d’évaluer et de suivre les activites des organismes dans le but d’harmoniser leurs actions et, lorsque possible, y apporter l’aide d’appoint requise. Cette base de données aura un important reflet national puisqu’elle sera la référence pour l’ensemble de la fonction ministérielle en plus être accessible à la population et les partenaires du développement via le réseau internet.

On estime à plus de 3000 le nombre d’organismes d’entraide au Bénin, que l’on appelle Organisme Non-Gouvernementale (ONG) ou Association de Développement (AD). Ce sont d’importants générateurs d’activité, l’équivalent des PME du Québec (souvent version bénévolat). L’entraide, la coopération locale et l’esprit collectif sont des valeurs très présentes dans la société Béninoise. Les gens se donnent beaucoup et sans compter pour se réaliser et faire progresser la situation qui subsiste : VIH/SIDA, violence, pauvreté, situation de la femme, des enfants, des handicapés et de la jeunesse, etc.

Le Centre de Promotion des Associations et ONG (CPA&ONG) est un office public à caractère social et scientifique créé par décret en novembre 1999. Elle est en charge de l’opérationnalisation de la politique de l’État en matière de gestion des rapports du Gouvernement avec la Société Civile, les ONG et Associations en particuliers.



Voilà. Au plaisir de vous entendre, n'oubliez pas de faire des commentaires, très appréciés.

Bonne semaine, à très bientôt!

lundi, février 20, 2006

Bénin à l'heure des présidentielles

Bonjour à vous tous,

J'espère que vous allez bien et que l'hiver se passe bien chez vous. Pur cette semaine, j'ai choisi de vous parler d'un sujet chaud (dans tous les sens du terme) et qui est très actif dans la population Béninoise: les présidentielles de mars 2006.

Le Canada a tout récemment terminé son processus électoral, que j'ai suivi de loin... imaginez pourquoi. J'ai fait quelques lectures et parfois une écoute de la radio pour me tenir au courant des développements. C'est déjà terminé dans ma patrie tandis qu'ici au Bénin, le processus d'élection d'un nouveau président prend de l'ampleur et bat maintenant son plein. En effet, le déroulement du premier tour est prévu pour le 5 mars 2006. L'organisation ne se déroule toutefois pas sans accroc. Le président actuel, Mathieu Kérékou, tente de trouver moyen d'étirer son mandat (jusqu'en 2008, date des générales), ce qui crée beaucoup d'opposition de la part de la population. Échauder la population, étrangler le financement du système électoral, mettre des embûches dans la mise en place du système électoral, recourir à l'article 68 de la constitution (si ça brasse trop, on reporte), créer des irrégularités (vol de carte d'électeur, achat de cartes), etc, sont des exemples de moyens mis en place pour appuyer un report.

Kérékou est en poste (démocratiquement) au Bénin depuis 1996 et réélu en 2001 pour un second mandat. Techniquement Kérékou ne peut solliciter un troisième mandat d'autant plus qu'il a passé l'âge limite autorisé par la constitution (70 ans) pour accéder au poste de président de la République. Par ailleurs, Kérékou est au premier plan de la République par un coup d'état depuis 1972. Son rival, Nicéphore Soglo a présidé la république entre 1991 et 1996. Soglo a fait beaucoup, d'abord en rejetant le système Marxiste qu'avait infructueusement mis en place Kérékou. Cette courte période avait permi au Bénin de prendre enfin un envol, mais aujourd'hui plus écrasé que jamais avec la mauvaise continuité de Kérékou.



Quelques coupures de journal:

"En 2006, l'heure de la retraite ayant sonné et ni l'un ni l'autre ne pourra plus briguer le fauteuil présidentiel. C'est donc dire comment la lutte et l'espoir pour un renouveau est très vive.
Lorsque l'on consulte les médias, on apprend qu'il y a une liste de 26 candidats (dont deux femmes) sur la liste (il en avait initialement 33). Dès le 12 février les buletins de vote seront imprimés finaux avec le nom, la photo et le logo du parti qu'ils appuient."

(15 février 2006 - www.laraignee.org) - "Dès lors, ils leur appartiendra, compte tenu de leur position sur le document, de s'ingénier à bien sensibiliser les populations. Car, si pour les gens d'un certain niveau intellectuel aucun problème ne se pose, il n'en va pas de même pour nos compatriotes analphabètes chroniques qui pourraient avoir des difficultés ou manquer de patience pour retrouver leur candidat au sein de la pléthore de photos qui leur sera proposée." - Willéandre HOUNGBEDJI, chroniqueur.

(17 février 2006 - www.laraignee.org) - Le président de la CENA, Sylvain Nouwatin a procédé à l’ouverte officielle de la campagne électorale, dans le cadre du scrutin présidentiel du 05 mars prochain. Pendant deux semaines donc à compter de ce jour et jusqu’au 03 mars, les candidats pourront légalement et légitimement aller à la rencontre des populations pour leur expliquer leurs projets de société et solliciter leurs suffrages.
[...] En tout 3.941.523 électeurs ont été inscrits sur les listes électorales.

Mon candidat de choix:
(17 février 2006 - www.laraignee.org) - "Appui a Yayi Boni fusent de toute part - [...] ce n’est plus un secret pour personne que le peuple béninois, au regard des multiples expériences fâcheuses qui sont les siennes pour avoir longtemps pratiqué les traditionnels hommes politiques au sommet de l’Etat, aspire aujourd’hui à un profond changement. Et celui qui peut incarner ce changement, poursuit-il, c’est le Dr Yayi Boni réclamé avec insistance dans les rues, les marchés, les services, les ateliers, les champs et sous les arbres à palabres. « C’est un homme neuf, un homme jeune, un homme propre un homme d’humilité et de grande probité ayant fondamentalement la crainte de Dieu », a-t-il indiqué. Selon Nazaire Dossa le Dr Yayi Boni est le prototype du futur président de la République du Bénin, vu ses qualités exceptionnelles à ouvrir le Bénin sur le monde surtout aux plans économique, financier, commercial et diplomatique."


Le Bénin a maintenant besoin d'un bon président qui les aidera à se sortir des sérieux problèmes économiques, sociaux et politiques actuels. La corruption est au premier plan des problèmes à régler. Souhaitons bonne chance au Bénin!

Allez, à bientôt!

lundi, février 13, 2006

Première de février en condensé...

Bonjour à vous tous,

Ouf! Grosse semaine, beaucoup d'activités. Je vous en présente un condensé des plus pertinents, je suis resté incapable de vous décrire dans tous les détails tout ce qui s'est passé, il me faudrait augmenter la capacité du disque dur (ma mémoire et celle de l'ordinateur, instrument de travail inestimable dans ce cas-ci).

-Soirée diaporama hommage à Daagbo: Bruno Jouan présente pendant une heure son diaporama: "Huit jours de la vie du Daagbo Houno Houna". Diapositives commentées sur le chef suprême des Vodouns. Suivi d'une séance de question sur son expérience et le Vodoun.
Bruno a été initié au Vodoun il y a quelques temps, une consécration qui a duré 8 mois dans un couvent. Ce qu'il pense du Vodoun est que c'est une religion propre, avec son culte, son rituel, ses croyances, ses fétiches, etc. Il croit que cette religion devrait être revalorisée: elle a trop longtemps été mal menée et associée à la sorcellerie. Tout au contraire, elle peut engendrer beaucoup de bien pour les humains et devrait plutôt être mise à profit. Son diaporama est consacré en grande partie à un rituel de la préparation en vue du retour de Daagbo, grand chef suprême, vers la mer, son élement. Approche très touchante d'un contact personel avec un chef suprême. Les photos sont riches en couleur, présentant plusieurs scènes du dernier rituel Vodoun de Daagbo. S'en est suivi une série d'échanges et de questions sur son expérience Vodoun... on a pas pu tout savoir. Quelques révélations ont toutefois été très surprenantes.

-Soirée spectacle Lionel Gilles Louèké au CCF: guitariste Jazz qui présente son dernier album solo "In a trance". Imagines un peu: un spectacle en plein air, au clair de la lune, une légère brise vient rafraîchir le corps qui a chaud, une enceinte amphithéâtrale, une vraie scène, des yovos en majorité (le prix d'entrée était de 2000FCFA = 4,50$CDN, pas accessible à tous), une musique de qualité, une accoustique de qualité, des artistes invités, talentueux et sympathiques, une ambiance éclatante... Wow! c'était à m'y méprendre avec ma visite de l'été dernier au FIJM.

-Visite ONG dans l'Ouémé: MOBOVOME (Mouvement des Bonnes Volonte et du Mieux-Être). Il y a déjà quelques temps où Brigitte, une collègue de travail au CPA&ONG voulait me faire visiter son coin d'origine, le Ouémé. Cette province située à l'Est du Bénin et qui comprend entre autre la capitale, Porto-Novo. Brigitte y est encore bien attachée car elle s'emploie à tenir la comptabilité de MOBOVOME, une ONG située à l'Est de Porto-Novo, sur la route en allant vers le Nigéria.

(petite et longue parenthèse de ce qui m'a frappé sur cette route)
Les transporteurs d'essence qui transigent du Nigéria vers le Bénin sont nombreux, en plus de prendre beaucoup de risques. Je vous ai déjà parlé de ces véhicules à trois roues que l'on nomme les "cargas" et qui peuvent transporter un peu plus de 200 litres d'essence... eh bien, il y a aussi ces hommes en moto qui transportent jusqu'à six bidons de 50 litres d'essence. C'est alarmant comme situation. Eh bien sûr, on en voit plusieurs passer sur la route qui passe par Tchaada, entre la frontière Nigéria et Porto-Novo. À chaque fois, j'ai envie de me sauver à toute jambe. D'ailleur, une coopérante au bureau d'Oxfam-Québec au Bénin a déniché un film documentaire intitulé "Ces bombes à 3 roues", réalisé localement au Bénin par Tokpa Film en 2002 et qui décrie la situation. En voici le résumé:
"Résumé : Au Bénin, des handicapés moteurs ont le monopole du trafic d'essence en provenance du Nigéria. Ils utilisent des drôles d'engin, des "cargas", motos à trois roues qui sont de véritables bombes roulantes. Très souvent, l'aventure se termine en drame..." - je vous en reparlerai.

Pour en revenir à MOBOVOME, à notre arrivée le président, secrétaire et autres bénévoles nous ont fait visité les lieux administratifs, très modestes: un ordinateur, 4 chaines, une table et des papiers... Aussitôt fait les présentations, on part en zem vers les cultures, plus loin dans la brousse. Des grands jardins où l'ONG fait la promotion de l'enseignement des techniques agricoles et d'élevage en plus de faire une production permettant à l'organisation de subvenir à ses besoins et de développer les projets. Complètement autonome, l'ONG fait l'élevage du poisson, lapin et de l'agouti (sorte de gros rongeur, ressemblant au siffleux mais de la taille d'un gros lapin). L'ONG est actuellement entrain de mettre en place une porcherie pour diversifier son rayon de compétence. Les jardins sont très intéressants et plusieurs femmes y travaillent tandis que d'autres vont vendre les produits au marché. Le site demeure de dimension modeste pour cause de restriction territoriales. Elle ne demanderait pas mieux de se développer davantage mais elle doit respecter sa vocation de maison d'enseignement en agriculture. Les paysants avoisinants bénéficieront plutôt de l'expertise et de leurs enseignements. Puis après une bonne visite, nous avons goûté aux divers produits de cette terre: lapin, agouti, légumes, etc. Délicieux! Après quoi il était déjà temps de partir car les taxis de brousse en direction de Cotonou sont souvent pleins ou ne font pas cette liaison. On attend donc sur le bord de la route une trentaine de minute...

-Une crème à glace avec ca? Une fois revenu de l'Ouémé, où j'ai vraiment eu chaud, une idée rafraîchissante était bien souhaitée. Puisque le prochain item sur le programme était dans le coin de Cadjéhoun où il y a le "palais des glaces" (la coordonnatrice d'Oxfam (Suzie) nous avait bien dit d'y aller au cas où on ressentirait un gros choc culturel par rapport à la chaleur). Elle avait bien raison: on change complètement d'air en entrant dans ce sancturaire du froid: l'air clim., la déco, la salle à manger, le comptoir des glaces, le choix, etc. Wow, on est pour un instant transporté, retourné chez soi, dans un été normal. On restera pas trop longtemps, ça donne le blues. Mais mosus que la coupe glacée était bonne!! Hmmm!!

-LDH: Dans le même programme de la journée il y avait rencontre avec le président de la LDH lors d'un dîner-causerie (lire le souper) sur la situation du Bénin. Si une telle ONG existe ici, c'est que la problématique est bien trop réelle. L'action de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) se consacre à 3 volets: sensibilisation, intervention et prévention. Il faut être plus que convaincu pour s'ateler à cette tâche. Me Julien travaille pour son cabinet privé en plus de s'occuper de l'ONG et à défendre les causes en la matière. Il y a tant de travail que le volet sensibilisation est très délaissé, ce qui est malheureux. Vous savez, la population s'accorde encore aujourd'hui le droit de juger sur-le-champ un crime ou une situation de méfait. Le jugement est sans issue, on peut brûler vif et sur place le fautif... et bien souvent à tord! Bien qu'interdit par la loi, le pouvoir de l'appliquer manque d'effectif... et de formation ou d'honnêteté.
Enfin nous avons abordé avec lui la question des présidentielles qui sont bien parties. Il nous expliqué les enjeux, les pouvoirs, qui influence qui pour le compte de qui. Très complexe comme situation. Sans nous le dire directement, nous en avons tiré nos conclusions, par très roses...

-Une petite fête à la villa des coopérants francais, sur le bord de la mer... histoire de bien terminer la journée. Somptueuse villa, un peut trop pour les stagiaires que nous sommes (les Québécois). J'ai l'impression que ca conserve trop fort l'énorme différence de statut entre les deux cultures... que ca éloigne la possibilité de se rapprocher de la population et ainsi de mieux les connaîtres.


-Dimanche: un petit tour au marché pour préparer la semaine et aussi pour bouger un peu. Préparation d'écriture du blog. Téléphone à Chantal pour échanger les nouvelles et lui dire comment je l'aime!!!


Et voilà, il en reste encore moins! Encore moins de temps pour faire parmi une liste qui s'étire. Le choix commence à se restreindre. J'ai quand même hâte de revenir au Québec, vous voir et dire comment par moment je me suis ennuyé de mon entourrage.

Allez, bonne semaine, à très bientôt... gênez-vous pas pour me laisser vos commentaires ou pour simplement me saluer, je l'apprécie beaucoup!

lundi, février 06, 2006

Visite ONG: LAMA-Progres

Bonsoir à vous tous,

Mon collègue de travail au CPA&ONG, Brice, et moi en parlions depuis déjà un petit bout de temps. Enfin tout s'est mis en place pour aller visiter une ONG dans le secteur au nord de Allada, à Houègbo, dans la brousse africaine. Départ de Cotonou à 10h, une heure plus tard que prévu (heure normale africaine). On arrive sur place après une ride d'un peu plus d'une heure dans un taxi-sardine: 10 personnes dans un peugeot 504 station-wagon, blanche, 3 rangées de bancs, normalement fait pour 7 personnes, décapitée par le temps et un chauffeur chauffard, aimant prendre les courbes à gauche dans la voie de gauche... le seul détails que je n'ai pas c'est l'année de ce "carosse"-corbillard. Mes fesses se souviendront de cette ride, plissées à jamais de l'inconfort subi. Bon! Que ça fait du bien d'en parler!

On débarque à une station d'essence (défraîchie, dont les réservoirs sont sans doute à sec), un homme et sa femme nous accueille pour nous reconduire dans la brousse sur un taxi-moto (un zem!). C'est là que nous sommes accueilli par Josué, le président de l'ONG LAMA-Progrès et de ses collègues.

LAMA-Progrès offre ses connaissances et son expertise à la communauté afin que celle-ci se prenne en main et se développe. Son action se décovre à travers la santé, l'éducation et l'accès au financement. Son plus important plan d'intervention est au niveau du micro-crédit. Avec l'aide des communautés environnantes, elle a créé multiples entités de crédit et d'épargne, des "caisses". Il existe 9 de ces entités, chacun indépendante, autonome et présente dans les départements avoisinants. LAMA-Progrès offre son soutient à ces initiatives en offrant son expertise en comptabilité, en gestion et en organisation. Elle fournit aussi un appui matériel et de logistique mais aucunement financier direct servant à constituer le fond de roulement de la caisse. Le principe repose sur la volonté de la communauté à se prendre en main: la caisse doit soliciter ses membres à l'épargne afin d'être en mesure de répondre à sa propre demande de micro-crédit. Un système de gestion et d'évaluation du crédit est en place et sert de guide. Toute transaction est annotée, tout membre reçoit sa carte, le livret de caisse et les fiches des dépôt et de crédit sont consignés à la caisse. J'avais l'impression de vivre l'initiative d'Alphonse Desjardins en 1901... même si je n'y était pas à cette époque, je perçoit la même vision qu'avait énoncé M. Desjardins. Back to the future... Je n'ai toutefois pu connaître d'où est partie l'idée d'une telle initiative, mais il y a des gens chez LAMA-Progrès qui ont un long parcours d'étude et une formation solide et enviable, en plus d'avoir bien des idées en tête pour parvenir à aider concrètement cette société.
Lors des "discours" officiels, la présidente m'a adressé (dans un dialecte que je ne comprenais aucunement) les remerciements pour ma visite, espérant que mon passage saura marquer leur destiné et en m'invitant à me prononcer sur les actions que je pourrai porter pour donner un élan à cette initiative de crédit et d'épargne. Étant pris par surprise, je ne savais trop comment élaborer de réponse. J'ai donc improvisé et en fonction de ce qui m'était accessible jusqu'ici: via le programme qui m'offre l'opportunité de vivre cette expérience nouvelle et unique, j'apporterai aux gens de ma société un regard nouveau sur l'Afrique en leur parlant des réalités, en témoignant et ventant les belles réussites du Bénin.
Ce micro-crédit est très utile aux gens de la commune, surtout les femmes. Ces dernières sont d'abord majoritairement vendeuses de produits au marché local. Or pour se procurer les produits chez les fournisseurs, ça prend un fond de départ. Même principe si elles doivent entretenir leur kiosque, se procurer un frigo, etc. La caisse entre donc en jeu et va leur procurer le financement nécessaire, en mettant en garantie ce qu'elles possèdent: terrain, maison, ameublement, kiosque, divers articles. Les frais et modalités de remboursement sont établis: le marché local se tient à tous les 5 jours... donc il faut payer 1 fois par 5 jours. Sans quoi des pénalités peuvent être appliquées, des biens saisis (à la limite), sans compter le faible montant d'intérêt. Le terme micro-crédit n'est pas pour rien: en général, les femmes empruntent entre 10,000 FCFA (22$CDN) et 60,000 FCFA (133$CDN) qu'elles remetteront sur un terme de 3 à 4 semaines tout au plus. Et les hommes dans tout cela?? En bien, ils sont dans une problématique non enviable et fort plus complexe. Généralement, les hommes sont des paysants. En tant que paysant, ils auraient besoins d'accéder à un montant de crédit beaucoup plus élevé pour acheter les semences, les fertilisants, l'outillage, etc... mais comme les fruits de leur culture ne sont pas monnayables avant une période de 4 à 5 mois, la caisse ne peut leur prêter car elle ne peut se permettre une échéance de plus de 5 ou 6 semaines... risquant de tomber sans fonds et ainsi ne pourrait plus prêter aux "bonnes femmes" (comme ils les appellent), qui font que la commune survit. Même en insistant sur cette problématique, je n'ai pas eu beaucoup de suite sur cette situation...

J'ai donc posé des questions sur comment devenir membre de la caisse, les modalités, les frais, etc. Je me suis dit que ca pourrait être symbolique d'avoir mon nom dans le registre des membres, en plus de prêter le montant qu'il faut pour la part sociale, laquelle permettra à la caisse de prête cet argent par la suite. Alors me voici maintenant membre d'une caisse "populaire" au Bénin: la caisse Aïdédji de Houègbo... mon numéro de membre est le 0440... ça vous en bouche un coin, ça, non? En fait mon initiative est très symbolique mais pourrait déboucher à quelque chose d'intéressant pour la caisse: c'est le temps des présidentielle en ce moment. Lors de leur passage en campagne, pourquoi les aspirants et les représentants ne pourraient-ils pas devenir membre de la caisse, en échange d'une promesse d'un appui lors du jour de l'élection? L'idée a été lancée et je crois qu'elle germera fort dans la tête du gérant de la caisse. Je lui ai donné un petit argument intéressant: "Un coopérant Canadien l'a fait, pourquoi pas vous, qui êtes local et qui défend les intérêts de cette communauté?"... vous auriez du voir la tête qu'il a fait!

Au retour à l'ONG LAMA-Progrès, on a pris un petit goûter avant de recevoir une offrande pour ma visite: un sac de bananes! Il devait bien y avois 20 kilos de bananes là-dedans! Bien sûr refuser est à proscrire de son registre... imaginez ce que sera ma diète de la semaine prochaine.

(photo mes bananes)

Après les salutations, nous sommes repartis prendre la route, de retour vers Cotonou.

samedi, janvier 28, 2006

Changements climatiques


Lorsque je consulte ou reçois quelques nouvelles du Québec, on me parle souvent de la météo qui est étrange cet hiver. On pointe du doigt les changements climatiques, dont est aussi responsable l'humain.

Le Bénin aussi subit ce problème, même si situé dans une zone équatoriale. On m'a enseigné que le Bénin subit des saisons marquées par l'alternance des saisons des pluies: une grande saison des pluies, avril à juillet et la petite, de septembre à octobre. Entre temps, et surtout de novembre à mars, c'est la saison sèche. Le signe le plus évident est celui de l'Harmattan. Or, plusieurs Béninois me disent que cette année, l'Harmattan n'y est pas, que la saison est déréglée. Autre manifestation est que depuis une semaine, j'observe un temps plus nuageux parfois même orageux. Il ne tombe presque rien comme pluie à Cotonou, mais ailleurs, au Nord il semble que ce n'est pas le cas. Selon Roméo, un coopérant que j'ai rencontré chez Oxfam, la problématique est plutôt là: la pluie à cette période de l'année peut anéantir certaines cultures essentielles: les noix et certains arbres fruitiers, entre autre. Pour ces cultures, il est nécessaire qu'ils subissent une période minimale de sécheresse pour permettre à leurs fruits d'atteindre un degré de maturité. Dans le cas contraire, les moisissures empêchent le développement normal ou pourrissent carrément sur les branches.

C'est à cela que j'ai pensé la nuit dernière où j'ai été réveillé par un violent orage qui prenait place au Nord de Cotonou... les éclairs déchirraient le ciel sans faire de pause. Toujours rien sur Cotonou, mais j'imaginais les trombes d'eau sur les cultures. J'ai pas encore vu, lu ou entendu décrier la situation, mais sur place, on ne doit pas être bien content des sauts d'humeur de Dame Nature. Déjà que les moyens et capacités des agriculteurs sont très serrés et qu'ils vivent à crédit, ils ne sauraient absorber des pertes importantes. Par surcroît, le pays compte beaucoup sur l'agriculture comme moyen d'auto-suffisance alimentaire.